« Une exécution froide et brutale » : Auguste Houckanou condamné à la perpétuité pour le meurtre de son frère et de sa belle-sœur

Auguste Houckanou a été condamné, vendredi, à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de dix-huit ans pour le meurtre de son frère Jérôme et de sa belle-sœur Anick Daoumé, le 9 avril 2023 à Nouville. La défense avait plaidé une requalification partielle des faits, une demande rejetée par la cour d’assises de Nouvelle-Calédonie.

Au moment de prendre la parole pour la dernière fois, Auguste Houckanou a adressé un mot de « pardon » à la famille d’Anick Daoumé, sa belle‑sœur, mais n’a rien dit de son frère, Jérôme. Trois ans après l’avoir « exécuté » de sang‑froid de deux balles dans la tête alors qu’il était assis à boire son café devant sa cabane à Nouville, la haine est encore intacte. Lorsqu’ils sont entrés en délibéré, vendredi, après deux jours d’audience, la cour d’assises de Nouvelle‑Calédonie portait sur ses épaules le poids d’une responsabilité écrasante.

La veille, les jurés avaient prêté serment « de n’écouter ni la haine ou la méchanceté, ni la crainte ou l’affection », et de se décider suivant leur « conscience » et leur « intime conviction » avec « l’impartialité et la fermeté qui conviennent à un homme probe et libre ». Le verdict qu’ils ont rendu après presque trois heures de réflexion, aux côtés de trois magistrats professionnels, est empreint de sévérité. Ils ont choisi de suivre la peine de réclusion criminelle à perpétuité requise par l’accusation et ont prononcé à l’encontre d’Auguste Houckanou une peine de sûreté de dix‑huit ans. Ils n’ont pas davantage suivi la défense qui avait demandé une requalification partielle des faits.

« Méthodique », « déterminé », « calme »

Quelques heures plus tôt, l’avocate générale, Lucie Delage, avait demandé à la cour et aux jurés de punir l’accusé de la peine maximale prévue par le code pénal, assortie d’une période de sûreté de vingt‑deux ans. Du haut du pupitre dévolu au ministère public, la magistrate a partagé sa conviction qu’Auguste Houckanou était bien coupable d’un double meurtre, en s’appuyant sur le dossier et les éléments développés au cours de l’audience.

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Légende photo : L’avocate de la défense, Me Barbara Brunard, avait demandé à la cour et aux jurés de ne pas suivre les réquisitions et de requalifier le meurtre d’Anick Daoumé en coups mortels.

Jean‑Alexis Gallien‑Lamarche

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