Mardi 10 mars, deux habitants de Dumbéa ont été condamnés à 100 jours-amende et à 140 heures de travaux d’intérêt général pour menaces de crimes ou délit à l’encontre de l’élu indépendantiste. Les faits remontent à la fin février, après une interview télévisée.
Le parquet de Nouméa a poursuivi deux hommes de 35 ans pour menaces de crime ou délit à l’encontre d’un élu, après des commentaires publiés sur Facebook visant Jean-Pierre Djaïwé, membre du Congrès et de l’assemblée de la province Nord. Les messages avaient été postés le 25 février, à la suite d’une interview de l’élu diffusée au journal télévisé de Calédonia. L’un des internautes avait écrit : « Il faut lui mettre une cartouche », tandis qu’un autre avait commenté : « Mérite un requin bouledogue, lui aussi hahae… ». L’enquête menée par le service territorial de police judiciaire de Nouméa a permis d’identifier rapidement les deux auteurs présumés, tous deux domiciliés à Dumbéa. Ils ont été poursuivis dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Comme l’a rappelé le procureur de la République Yves Dupas : « Ces agissements délictueux visant les élus, quelle que soit leur appartenance politique, sont inacceptables et justifient un traitement judiciaire diligent et adapté ».
Des sanctions adaptées à la situation des prévenus
La qualification pénale retenue de crime ou délit à l’encontre d’un élu est passible de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende (5,3 millions de francs). Mais le parquet a tenu compte de la situation personnelle et professionnelle des deux hommes. Ils ont finalement été condamnés à 100 jours-amende à 1 000 francs, soit 100 jours de détention en cas de non-paiement, ainsi qu’à 140 heures de travail d’intérêt général à effectuer dans un délai de 18 mois, et quatre mois d’emprisonnement en cas de non-exécution.
Au cours de sa garde à vue, l’un des mis en cause a expliqué avoir agi « par colère », en réaction aux positions de Jean-Pierre Djaïwé sur le projet politique dit Bougival – Élysée-Oudinot. L’élu s’est constitué partie civile lors de l’audience.
Un troisième auteur présumé de menaces a également été interpellé à Fayaoué, à Ouvéa. Placé en garde à vue, il devra être présenté au parquet lorsque les liaisons aériennes seront rétablies, a indiqué le procureur de la République. Il est soupçonné d’avoir publié le message suivant : « espèce de traître, il faut le flinguer ».
Béryl Ziegler




