En Nouvelle-Calédonie, en haut de la pile des problèmes auxquels sont confrontées les femmes, se trouvent les violences intra-familiales. Une terrible réalité calédonienne, ancrée dans les consciences, les comportements, les habitudes. Alors on passe des messages, on mène des campagnes, on alerte, on prévient, on sanctionne aussi lors d’audiences correctionnelles où ces faits remplissent les ordres du jour, avec cette atroce impression que rien n’y fait. Pourtant au fil des ans, et avec beaucoup de courage, la parole des femmes victimes se libère, et elle est de plus en plus écoutée. Le vrai problème c’est le silence qui entoure ces violences, ceux qui savent et ne disent rien, jamais rien, ajoutant aux malheurs de ces femmes et à leur abandon. Ce silence complice qui vaut acceptation est coupable, et dans la lutte qu’elles mènent contre ces violences les autorités ne le consentent plus. Elles le dénoncent, comme cela vient d’être le cas dans cette récente affaire de viols et violences volontaires survenue à Tadine, où tout le monde était au courant, famille et coutumiers, sans que rien ne soit jamais fait pour mettre un terme aux souffrances de la victime. Ce silence coupable qui entoure ces faits, quel que soit le milieu dans lequel ils se produisent, n’est plus acceptable et doit être combattu.
Nicolas Vignoles




