Certes, le Betico reprend ses rotations aujourd’hui, mais aucun avion d’Aircal ne peut atterrir aux Loyauté comme à l’île des Pins. Question : combien de temps cette situation de blocage peut-elle durer avant qu’Aircal ne s’effondre ?
Le Betico va en effet reprendre la mer après une semaine d’interruption des liaisons maritimes pour cause d’avarie moteur. Les moteurs ont été réparés et les essais en mer ont été concluants, mais le Betico ne pourra pas assurer autant de liaisons que prévues et naviguera moins vite, d’où des modifications d’horaires. Par ailleurs, le bateau est vieillissant et son remplacement est à l’ordre du jour. Pendant ce temps, les ATR d’Air Calédonie sont bloqués au sol à La Tontouta.
« Il n’y a pas d’argent »
Les trois aérodromes des Loyauté, ainsi que celui de l’île des Pins, sont toujours interdits d’accès aux avions d’Aircal. Les différents comités d’usagers maintiennent la pression et leurs actions, réclamant que le transfert des activités aéroportuaires de Magenta à Tontouta soit reconsidéré, voire annulé. Pour l’heure, aucune solution de déblocage n’est envisagée, chacun campant sur ses positions, même si la province des Îles a fait des offres de médiation. Chaque jour de blocage qui passe alourdit donc le passif de la compagnie domestique, aux finances déjà extrêmement fragilisées. Et de l’aveu même du vice-président du Comité de Coordination Coutumière Né Dréhu, « il n’y a pas d’autres solutions » que celles mises en œuvre pour tenter de sauver ce qui peut l’être d’Air Calédonie. C’est le président de la province des îles, Mathias Waneux, qui a résumé la situation à la perfection, au micro de nos confrères de NC 1ère. « Le directeur (ndlr : directeur d’Aircal) me disait qu’ils ont à peu près 360 millions de trésorerie, a-t-il déclaré. Mais 360 millions de trésorerie, c’est pour un mois ! La demande qui a été sollicitée de la Calédonie auprès de l’ADANC (ndlr : Agence pour la Desserte Aérienne de la Nouvelle-Calédonie), c’est 500 millions. Mais toutes les demandes qui ont été faites, avec tous les calculs de base, c’est s’il y a des vols, à toutes destinations. Et là, il n’y a pas de vol ! Le contrat avec le Vanuatu, il se termine aujourd’hui (ndlr : mercredi 3 mars). Donc plus de contrat avec Vanuatu, ça veut dire qu’il n’y a pas de rentrée d’argent. Il n’y a pas de vol dans les destinations, eh bien il n’y a pas d’argent ! Dans les 360 millions, et si jamais la DANC leur file 500 millions, une fois que c’est épuisé, c’est épuisé pour de bon puisqu’il n’y a pas de vol ». La situation devient donc de plus en plus tendue, et aux îles, la population commence à ressentir les effets néfastes de ces blocages, en particulier les prestataires touristiques dont l’activité a déjà été réduite suite aux émeutes, et qui ce week-end encore n’accueilleront pas de touristes venus de la Grande Terre. Le gouvernement et Aircal n’ayant ni l’intention ni la possibilité de revenir sur le transfert, la seule solution pour mettre fin à une crise, dont les conséquences pourraient être lourdes, est bien que les différents comités mettent un terme à leurs blocages.
N.V




