L’Université de la Nouvelle-Calédonie a organisé pour la troisième fois son salon des masters et de l’emploi, réunissant étudiants, employeurs et partenaires autour des perspectives d’avenir après le bac +3.
Mercredi, le parvis de l’UNC fourmillait d’échanges animés entre étudiants en quête d’orientation et professionnels venus présenter leurs structures. Le salon des masters et de l’emploi, dans sa troisième édition, s’est imposé comme un rendez-vous incontournable pour les étudiants de licence sur le point de franchir une étape décisive de leur parcours. Obligatoire pour toutes les dernières années de licence, il est aussi ouvert à l’ensemble des étudiants et aux jeunes diplômés des deux dernières promotions souhaitant reprendre leur parcours ou se lancer dans la vie active. Entre 300 et 450 visiteurs étaient attendus pour cette journée dense en rencontres et en découvertes.
Un dispositif complet pour éclairer chaque projet
Pensé autour de quatre villages thématiques, le salon ne se limite pas à la seule présentation des masters. Laurence Kerdoncuff, responsable du service de l’orientation, des formations et de l’insertion professionnelle à l’UNC, rappelle la philosophie qui anime l’événement depuis ses débuts. L’idée est « d’éclairer nos étudiants sur toutes les pistes qui s’ouvrent à eux après leur bac plus trois ». Emploi direct après la licence ou le BUT, poursuite en master à l’UNC ou en métropole, année de césure, expérience à l’international, service civique, entrepreneuriat, certifications en langue : les possibilités sont nombreuses et présentées de façon concrète. Une trentaine d’employeurs issus de secteurs variés, privé, public, associatif, ont répondu présents cette année, dont plusieurs nouveaux venus sollicitant eux-mêmes leur participation. On y trouvait aussi bien des entreprises que des clusters, des associations, France Volontaire pour les missions à l’international, et les services civiques. Un village entier était dédié aux aides financières, regroupant provinces, vice-rectorat, opérateurs comme l’Etablissement Provincial de l’Insertion Professionnelle, de l’Emploi et de la Formation pour les Iles loyauté (EPIFE), Cap Emploi au Nord ou l’ADEL. Florence Kerdoncuff insiste sur cette dimension d’accompagnement global, avec la volonté de « donner aussi les moyens des ambitions et des rêves des étudiants ». Le village des bonnes pratiques proposait des ateliers courts et dynamiques : retouche éclair de CV, gestion du stress en entretien, ou encore profil LinkedIn. Un cycle de mini-conférences de vingt minutes rythmait la journée sur des thématiques transversales comme le recrutement dans la fonction publique ou la mise en ligne de son CV. Parmi les nouveautés de cette édition figuraient les bourses Australian Awards et les bourses Manaaki néo-zélandaises, ainsi qu’un atelier très attendu consacré au bien-être des étudiants s’apprêtant à quitter le Caillou pour la métropole. Car le départ, comme le souligne l’organisatrice, « ne sera pas juste matériel, il est aussi émotionnel », et la santé mentale des jeunes qui partent mérite d’être prise en compte dès la préparation du voyage.
Des étudiants entre hésitations et stratégies
Dans les allées du salon, les profils et les projets se croisaient. Elie Bouvier, titulaire d’une licence de droit, sait déjà qu’il vise un master en métropole. Il est venu chercher des informations pratiques sur les aides à la mobilité et a notamment découvert la Fondation BCI, « super intéressante si on veut postuler dans des écoles pas forcément accessibles pour des personnes qui n’ont pas de grand budget ». La mobilité territoriale, ses contraintes financières et les dispositifs d’aide existants constituaient pour lui l’essentiel des informations à glaner, en complément de conseils pour peaufiner son CV et sa lettre de motivation. Marianne, ancienne étudiante en licence de langues et cultures océaniennes, a connu une année sabbatique contrainte : le master humanités qu’elle visait n’ouvre qu’un an sur deux. Revenue au salon pour finaliser son orientation, elle a exploré les débouchés possibles auprès de la mairie, de la gendarmerie et des services civiques. Elle repart avec des offres d’emploi en main et une vision plus claire de ce qui l’attend. Melvyn, lui, termine sa licence de LEA anglais-japonais dans un parcours marketing international, tiraillé entre le master Management Administration des Entreprises et le master des métiers de l’enseignement pour le primaire. Il a trouvé dans le salon un vrai outil de décision. Sa stratégie est désormais tracée : candidater au MAE dès septembre, calé sur le calendrier métropolitain, et si cette voie ne lui convient pas, bifurquer vers le master enseignement en février 2027. L’UNC entend faire grandir ce salon chaque année, avec un objectif constant : que chaque étudiant reparte en sachant « ce qu’il fait après son diplôme et quels sont les moyens à sa disposition ».
Claire Rio-Pennuen




