Le drame atroce que nous venons de connaître relance en effet le débat jamais tranché sur le risque requin. Vaste débat d’ailleurs avec de multiples questions : pourquoi y en a-t-il autant, plus qu’autrefois sans doute, sur nos côtes ? Comment faire pour limiter le risque ? Faut-il adopter des mesures de régulation des populations de squales ? Les environnementalistes assurent que c’est à nous de nous adapter, nous les utilisateurs de la mer, le milieu qui appartient aux requins. Et l’argument est d’une logique naturelle, nul ne peut le nier. Mais nous, commun des mortels, qui avons accès à la mer et à son utilisation, nous voudrions le faire sans risquer nos vies. Le débat ne peut pas trouver d’issue, puisque d’une certaine manière nous ne parlons ni de la même chose ni avec le même langage. Aussi, et sans doute parce que c’est plus simple et plus facile, les uns comme les autres se tournent vers les pouvoirs publics, les uns pour réclamer davantage de protection du milieu et de sa faune, les autres pour demander davantage de sécurité pour eux-mêmes. Ces drames, provoquant des morts épouvantables, ayant tendance à se multiplier, faisant de la Nouvelle-Calédonie un des hot spots mondiaux du risque requin, font que les autorités prennent en effet des décisions qui ne peuvent contenter tout le monde. Et elles sont prises en conscience parce qu’il faut bien se l’avouer, le risque de mort, qu’elles qu’en soient les raisons, aujourd’hui est trop grand.
Nicolas Vignoles



