Rencontre avec Bertrand Courte

À 48 ans, l’homme d’affaires calédonien succède à Mimsy Daly à la tête du Medef-NC. Entre urgence économique et incertitude institutionnelle, le nouveau patron du Medef revendique un engagement total au service des entreprises.

La voix du Caillou : Mimsy Daly a quitté la présidence du Medef le 12 février pour s’engager en politique. En tant que vice-président, vous reprenez donc la présidence par intérim jusqu’à la fin de la mandature, en 2028…

Bertrand Courte : Oui, même si je n’aime pas parler d’intérim. Ça donne l’impression qu’on ne s’engage pas totalement. Moi, j’y vais à 200 %. Les entreprises ont besoin d’un Medef fort, avec un représentant clair et déterminé. Mimsy me laisse un Medef renforcé, apaisé, avec plus de 500 adhérents. Les débats sont vigoureux parfois, mais toujours constructifs. Donc c’est un Medef, sincèrement, qui est opérationnel.

LVDC : À la fin de l’année dernière, vous décriviez 2026 comme « une année de tous les dangers ». Où en est-on aujourd’hui ?

BC : En ce début d’année, sincèrement, on a eu une excellente nouvelle. C’est le soutien financier de l’État qui va apporter une bouffée d’oxygène aux régimes sociaux – que soit le Ruamm ou les retraites – et un soutien fort à l’économie. La mission interministérielle a quand même fait des déclarations fortes en faveur de la relance. Prenons par exemple la proposition d’exonérer d’IS pendant 5 ans, certaines entreprises. Nous avons fait une contre-proposition, mais ce sont quand même des propositions qui vont dans le bon sens.

LVDC : Quelle est cette contre-proposition que vous avez faite ?

BC : La proposition d’exonération sur cinq ans est intéressante pour l’économie. Mais elle crée, à notre sens, des iniquités. Jusqu’à 480 millions, la société paie zéro d’IS. À 481 millions, elle est taxée à hauteur de 30 %. Ce type d’effet de seuil peut être dangereux. Et cela menace aussi la défiscalisation. Car une entreprise qui ne paie plus d’IS n’a plus de raison de défiscaliser.  Et là, on met en cause l’équilibre financier de beaucoup de projets.  Or la défiscalisation, locale comme nationale, a prouvé toute son utilité pour l’économie du pays. Pour ces différentes raisons, nous avons préféré proposer une réduction générale des taux pour toutes les entreprises.

LVDC : Le 2 février, le projet de loi de finances 2026 a été adopté. Un soulagement pour les chefs d’entreprise que vous représentez ?

BC : L’aide de l’État – 262 milliards – est colossale. On peut toujours dire que ce n’est pas assez ou que ça ne va pas assez vite. Mais c’est essentiel pour nous aider à survivre et à repartir.

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Propos recueillis par Béryl Ziegler 

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