Le tourisme montre des signes de redémarrage au 3e trimestre 2025, après une année noire 2024 marquée par les émeutes. Toutefois, la reprise reste lente et loin des niveaux « records » de 2019 et 2023.
Au 3e trimestre 2025, la Nouvelle-Calédonie a accueilli 16 300 touristes, soit le double par rapport à la même période en 2024. « La fréquentation repart timidement à la hausse », même si le nombre de visiteurs reste « loin des pics enregistrés en 2019 et 2023, lorsque plus de 33 000 personnes se rendaient en Nouvelle-Calédonie à la même période », souligne l’Institut des statistiques et des études économiques dans son rapport.
Des chiffres encore en deçà
Pour ce qui est des causes, le constat est sans appel : la Nouvelle-Calédonie « peine à séduire à nouveau la clientèle étrangère ». La part des touristes internationaux, tombée à 12 % au troisième trimestre 2024, est certes remontée à 35 % en 2025, mais reste « en deçà des 48 % enregistrés en 2023 et des 55 % de 2019 ». Parmi les explications, l’ISEE souligne que « les gouvernements australien et néo-zélandais continuent de publier sur leurs sites officiels des avertissements à l’attention de leurs ressortissants, les invitant à faire d’une grande prudence en Nouvelle-Calédonie en raison du risque de troubles civils et de violences ». La reprise est néanmoins portée par le retour des Australiens. Leur nombre a été multiplié par 8 entre les 3e trimestres 2024 et 2025. Ils représentent 22 % de la fréquentation totale, avec 3 509 visiteurs enregistrés. De même, entre les 3e trimestres 2024 et 2025, le nombre de touristes néo-zélandais a été multiplié par huit, passant de 90 à 700, souligne l’Institut. Néanmoins pas de quoi retrouver les niveaux de 2023, où près de 4 300 Néo-Zélandais s’étaient rendus sur le territoire. « Depuis la suspension des vols d’Air New-Zealand en mai 2024, la Nouvelle-Calédonie n’a retrouvé que 16 % de sa clientèle néo-zélandaise, contre 43 % pour la clientèle australienne », écrit l’ISEE.
Les Métropolitains au rendez-vous
Les touristes métropolitains restent un pilier du tourisme calédonien. Avec 7 192 visiteurs sur le trimestre, soit près de 2 200 de plus qu’à la même période de 2024, cette clientèle représente 44 % de l’ensemble des touristes et a « retrouvé 61 % de son affluence de 2023 », souligne l’ISEE. Les clientèles régionales progressent également. Avec 1 993 visiteurs, la clientèle de Wallis-et-Futuna a retrouvé « la quasi-totalité de son niveau de fréquentation de 2023 ». Dans une moindre mesure, les Polynésiens ont aussi retrouvé le chemin du Caillou. Ainsi, 570 Polynésiens ont visité la Nouvelle-Calédonie au 3e trimestre 2025, soit trois fois plus qu’à la même période en 2024, souligne l’ISEE. Les Vanuatais aussi sont cinq fois plus nombreux.
Autre fait notable, en dehors des marchés dits traditionnels, la Nouvelle-Calédonie attire de plus en plus de visiteurs d’Europe et d’Amérique. Les marchés phares de la progression sont les États-Unis (227 visiteurs au 3e trimestre, +602 %) et Fidji (133 visiteurs, +274 %), suivis de l’Allemagne (89 visiteurs, +280 %) et la Thaïlande (85 visiteurs, +393 %). Le Caillou accueille également de plus en plus d’Italiens, Canadiens, Espagnols, Belges, Suisses et Chinois.
« La plus faible fréquentation touristique depuis 30 ans »
Si la reprise du tourisme est réelle, elle reste donc incomplète. Hors crises majeures (Covid-19 et mai 2024), le troisième trimestre 2025 enregistre « la plus faible fréquentation touristique depuis 30 ans », souligne l’ISEE. Les mois de juillet à septembre n’ont jamais accueilli aussi peu de visiteurs : l’affluence a à peine dépassé 6 000 touristes par mois, alors qu’elle oscillait entre 10 000 et 12 000 au cours de la même période en 2019 et 2023. La Nouvelle-Calédonie voit son tourisme repartir, mais à un rythme lent et encore largement en deçà des niveaux d’avant crises.
28 840 croisiéristes de moins qu’au 3e trimestre 2023
Le secteur des croisières reprend également timidement. Dix paquebots ont fait escale à Nouméa et Lifou, avec à leur bord 35 960 croisiéristes, contre 64 800 au troisième trimestre 2023. Le rapport note que « excepté en août, le nombre de croisiéristes est deux fois moins élevé en juillet et en septembre ».
Béryl Ziegler




