Mardi matin, quelques centaines de militants de l’USOENC étaient rassemblés devant le Congrès pour dénoncer l’inertie des institutions face à « l’urgence sociale », et plus globalement la mise à l’écart des partenaires sociaux.
« On a décidé d’être sur le terrain pour faite entendre la voix de l’USOENC et celle des salariés », lâche Alexis Falematagia, secrétaire général adjoint du syndicat. Une voix inquiète du pouvoir d’achat « qui régresse » et de la misère qui frappe de nombreuses familles calédoniennes et des petits retraités « qui touchent 90 000 francs par mois et n’ont pas de quoi payer la cantine ou mettre plus d’un repas par jour sur la table ». Alors que « l’urgence sociale est toujours là » pour le syndicat, une délégation a pu rencontrer hier matin des élus du Congrès, avant un rendez-vous avec le gouvernement.
Passer la seconde
Concrètement, l’USOENC attend des réponses, alors que les groupes de travail auxquels il participe s’enchaînent avec le gouvernement et la mission interministérielle. « Mais rien n’avance concrètement », déplore le syndicat, à commencer sur le pacte de refondation économique et sociale. À ce titre, l’USOENC attend que soit précisé le niveau de soutien de l’État à la Nouvelle-Calédonie, notamment sur la relance de l’emploi durable. « Sur la question des retraites Cafat, un point important pour nos retraités, ajoute Alexis Falematagia, on attend un fléchage précis de l’enveloppe donnée de 60 millions d’euros ». Autre sujet sur la table : le 2 % FSH, remis en cause par un amendement voté au Congrès le 23 décembre dernier. L’USOENC s’y oppose. « Il s’agit d’un coup de force de nos politiques, qui s’emparent sans concertation de l’argent des ouvriers et remettent en cause nos modèles sociaux », dénonce Alexis Falematagia. Selon le syndicat, cette contribution, assise sur les salaires des travailleurs et versée par les employeurs, est destinée à l’accession à la propriété des salariés et constitue un « consensus historique ». Impossible d’y toucher.
Avoir droit au chapitre
Au-delà de ces points de vigilance, « on a besoin d’un retour à une concertation au préalable avec les élus et de rappeler que le dialogue social est important », insiste le secrétaire général adjoint. L’USOENC réclame une vraie place dans les décisions. Pour ce qui est de la filière nickel, il demande ainsi à être intégré à la commission spécifique des travaux pour pouvoir « donner la vision des salariés ». Enfin, constatant « un décalage persistant entre les politiques et le quotidien des Calédoniens », l’USOENC appelle les élus « à travailler avec le peuple et la réalité du quotidien ». Il leur demande notamment de se saisir au plus vite du texte qui permettra de prolonger jusqu’au 31 juillet l’allocation de maintien dans l’emploi (AME), échue au 31 décembre, « pour permettre à 1700 emplois d’être maintenus en attendant la relance de l’emploi via le pacte de refondation économique et sociale ». Soulagé que le projet de loi de finances 2026 ait été voté à l’échelle nationale, Alexis Falematagia émet toutefois quelques réserves. « Maintenant, l’argent va arriver, mais il faut un fléchage au plus juste, au niveau salarial mais aussi des régimes sociaux et des retraites. Et que l’argent soit utilisé à bon escient pour l’équité sociale », insiste-t-il.
B.Z



