2025 a été une année de « reconstruction » après les émeutes survenues en 2024. 2026 sera celle de l’ouverture sur le Pacifique et sur le monde : c’est ce qu’a déclaré la présidente de l’Université de Nouvelle-Calédonie Catherine Ris, lors de la rentrée solennelle de l’UNC, mardi matin.
L’amphithéâtre 400 était bien rempli hier matin : représentants des institutions locales, de l’État et membres de la société civile ont largement répondu présent au rendez-vous de la rentrée solennelle de l’université de la Nouvelle-Calédonie. Le moment pour Catherine Ris de revenir sur une année 2025 consacrée à la reconstruction après les émeutes de 2024. « Concrètement, cela s’est traduit pour nous par la reprise mais aussi la redéfinition de certains projets par rapport aux besoins économiques et de restructuration de la Nouvelle-Calédonie ». La précarité dans laquelle a été plongée une partie de la population du territoire a évidemment aussi impacté la vie étudiante, relève encore la présidente de l’UNC. Un schéma directeur de la vie étudiante doit ainsi « donner des orientations claires sur l’environnement que l’on souhaite pour les études en Nouvelle-Calédonie, d’ici quelques années », précise Catherine Ris.
Vers un statut étudiant
La vie quotidienne, avec les problématiques des transports publics, du logement et de la santé – en particulier mentale, vont être pris en compte au travers du statut étudiant, qui sera également « reconnu par les différents organismes lors par exemple de stages en entreprise ». Les formations, elles, visent à coller au plus près aux réalités du terrain, afin d’accompagner les besoins de la Nouvelle-Calédonie. « Demain par exemple, plus de la moitié des emplois seront liés au numérique », affirme Catherine Ris. « Les besoins en compétences dans ce domaine sont élevés en Nouvelle-Calédonie et avec les difficultés de recrutement que connaît actuellement le territoire, le secteur est en très forte tension ». Campus N, un projet porté par le gouvernement avec l’UNC, veut donc promouvoir les formations et les carrières dans le numérique. Autre domaine extrêmement priorisé : l’environnement.
La préservation de la biodiversité, un enjeu majeur
Parce que la préservation de la biodiversité représente un enjeu majeur – avec notamment le dérèglement climatique, la pression anthropique et celle exercée par l’activité minière, « la recherche menée doit apporter des résultats qui peuvent être directement mis en œuvre sur le terrain calédonien. Nous hébergeons en nos murs des start-up qui ont mis au point des process permettant de booster la revégétalisation des sites miniers, ou d’identifier certaines espèces présentes dans la nature. Nous continuons d’accompagner tout cela au travers de la recherche fondamentale, mais aussi de la recherche appliquée ou encore du transfert vers l’innovation ». L’ouverture d’une licence d’études politiques l’année prochaine doit encore poser la première pierre d’un Institut d’études politiques (IEP) du Pacifique. Mais l’année universitaire qui s’ouvre sera surtout marquée par la volonté de se fondre à nouveau dans l’environnement régional et international. « Une université ne peut se concevoir sans ses liens à l’international », assure la présidente de l’UNC.
« Les relations à l’international nous nourrissent et nous enrichissent »
« Notre production scientifique, les formations que l’on délivre, tout ceci est évalué et validé par nos pairs, qui se trouvent dans les universités de l’hexagone évidemment, mais aussi dans les universités étrangères. Ce sont ces liens, ces relations à l’international qui nous nourrissent, nous enrichissent et donnent finalement de la valeur et de la crédibilité à notre production, en recherche comme en formation ». Pour Catherine Ris, l’UNC a souffert en 2024 et 2025 de l’isolement dans lequel la Calédonie avait été plongée : « des étudiants, des chercheurs, des collègues n’ont pas pu venir », regrette-t-elle. 2026 représente donc l’opportunité de reprendre ces collaborations à l’échelle internationale, de faire monter la recherche locale en compétence, et de révéler les richesses naturelles et linguistiques du territoire – notamment dans son environnement régional. « Cela s’inscrit aussi dans ce qu’a voulu le président de la République au travers de l’Erasmus du Pacifique », conclut Catherine Ris : « le campus mobile, qui vise à financer les mobilités d’étudiants de la région vers les territoires français du Pacifique ». En 2025, 649 étudiants ont été diplômés de l’UNC.
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Encadré
Rentrées et inscriptions en cours
Plus de 2 000 jeunes sont inscrits à l’UNC à ce jour, des chiffres encore provisoires mais plus élevés que ceux de l’année dernière à pareille période. Les inscriptions se terminent la semaine prochaine, mais se poursuivront aussi dans l’année avec par exemple les masters, qui commencent en septembre pour se caler sur le calendrier hexagonal. Les premières années sont accueillies à partir de ce matin pour trois jours d’intégration au cours desquels ils découvriront le campus et le contenu de leur formation. Les cours commenceront pour tout le monde lundi prochain.
Isabelle Peltier



