« L’heure est à la lutte, l’heure est au combat », c’est ainsi qu’Emmanuel Tjibaou a galvanisé ses troupes, en ouverture du Congrès de l’UC, dans le discours qu’il a prononcé en tant que président. Message clair et sans nuance, mais qui résonne douloureusement dès lors que la CCAT, émanation de cette même UC, est la cause des émeutes, des violences et de tous nos tourments, et que l’on n’a rien oublié. L’appel à la lutte et au combat peut provoquer un choc, d’autant plus rude que cette diatribe émane de quelqu’un qui s’est fait élire député de la 2ème circonscription il n’y a pas si longtemps, grâce à l’apport d’un nombre conséquent de voix non-indépendantistes séduites par son ton modéré et son air patelin. Ces voix cherchaient à nous rassénérer qu’elles aient voté pour un indépendantiste, en nous expliquant qu’il fallait voir en lui néanmoins, un homme de dialogue. Comme Bougival, les voilà éclairées, parce que les masques tombent. Mais peut-être aussi que ce discours de Maré se devait d’être aussi outrancier pour faire oublier à l’assistance des délégués de l’UC, que son orateur avait négocié, signé et commenté Bougival comme étant une avancée. Critiqué, menacé, ayant réclamé une protection policière, et craignant pour lui-même, Emmanuel Tjibaou a peut-être tenté de faire oublier aux radicaux de son parti, ses turpitudes passées, en cherchant à obtenir d’eux des brevets de radicalité.
Nicolas Vignoles



