Vingt mois après avoir « mis un genou à terre », la SLN se redresse et envisage des jours meilleurs. Lors d’un point presse tenu le 20 janvier, son directeur général a dressé un état des lieux de la société, qui vise un retour à la rentabilité à l’horizon 2029-2030.
« En 2024, notre société était tout juste heureuse de ne pas avoir perdu ses fours et donc toute son activité. Aujourd’hui, le sauvetage, la pérennité des fours, ce n’est plus un sujet », affirme Guillaume Kurek. Sans parler encore de retour à la normale, le dirigeant aborde 2026 avec plus de confiance : « L’expression que j’avais utilisée il y a un an, c’était « on a tous mis un genou au sol ». Mais là , finalement, on est debout, on avance. Même si on n’est pas encore au rythme de croisière ».
Rouvrir les mines de la côte Est
Sur le plan minier, l’enjeu majeur reste la relance du centre de Thio, saccagé pendant les émeutes et à l’arrêt depuis. Guillaume Kurek évoque une population « physiquement touchée » et des familles sinistrées dans ce village de la côte Est qui vit majoritairement de la mine. Mais l’horizon s’éclaircit. Un accord entre la direction de la SLN, la mairie, les autorités coutumières, les représentants des salariés, des sous-traitants et des jeunes a été trouvé pour une reprise « sans condition » de l’activité. « Le sans condition, c’était non négociable », insiste Guillaume Kurek, en précisant toutefois que la reprise ne sera pas immédiate. Compte tenu du nombre d’installations détruites, il y a fort à faire pour tout remettre en état. Une équipe va être déployée dans les prochains jours pour les diagnostics, la démolition et la préparation de la reconstruction. Un premier chargement de minerai est envisagé cette année, avec l’objectif d’une reprise progressive du roulage d’ici la fin de 2026.Â
À Kouaoua, la mine fonctionne mais l’évacuation du minerai reste entravée par la destruction de la serpentine. La construction de quatre ponts, pour un coût d’environ 500 millions de francs, doit permettre une reprise des expéditions vers Doniambo à la fin du premier semestre. Autre avancée majeure : « Fin décembre, on a obtenu un accord avec la tribu de Newa pour réaccéder à la mine de Kiel », a indiqué Guillaume Kurek. Un site bloqué depuis 2017 qui représente près de 30 % de la production du centre. La SLN travaille également à la réouverture de la mine de Stamboul, à l’arrêt depuis une dizaine d’années, qu’elle souhaite engager en partenariat avec la NMC. Des discussions sont également en cours à Houaïlou et à Poro, où la SLN mise sur un partenariat étroit avec ses sous-traitants pour relancer et consolider l’activité.Â
À Poum, à l’arrêt depuis 2023, une autorisation d’exploiter a été obtenue au cours de l’année 2025, mais celle-ci « limite » la SLN dans ses possibilités de relance du site, « donc pour l’instant le site va rester en sommeil encore quelques temps », a indiqué le directeur. La reprise dépendra de l’évolution des cours du nickel. Connectez vous pour y accéder !Ce contenu est réservé aux abonnés.
Légende photo : Guillaume Kurek, Directeur-Général de la SLN.
Béryl Ziegler



