Arnaque aux sentiments, phishing, fausses annonces… La police nationale fait face à une hausse conséquente des arnaques et escroqueries en ligne.
En janvier 2025, l’affaire du « faux Brad Pitt » fait le tour des réseaux sociaux. Si l’histoire fait tant le buzz, c’est notamment en raison du montant dérobé puisque la victime, Anne Deneuchatel, une quinquagénaire habitant alors à l’île Maurice, a déboursé plus de 830 000 euros (99 millions de francs). Elle est alors critiquée et allègrement moquée. Cette histoire est pourtant loin d’être isolée en Métropole mais aussi en Nouvelle-Calédonie où les arnaques et escroqueries en ligne ne cessent de se multiplier. Car l’arnaque aux sentiments n’est pas l’unique méthode utilisée aujourd’hui pour tromper la vigilance des internautes peu regardants (lire encadré).
Le faux loto calédonien
Vendredi 16 janvier par exemple, un homme s’est ainsi présenté au commissariat central de Nouméa après s’être fait pirater son compte Playstation sur lequel il possédait plus de deux cents jeux vidéo mais aussi ses informations bancaires. Celles-ci ont ainsi permis aux pirates informatiques d’en acheter une dizaine d’autres avant de probablement revendre le compte sur le dark web. La veille, jeudi 15 janvier, les policiers ont également reçu deux femmes venues déposer plainte séparément. Leur histoire, pourtant, est un pur copier-coller. Un simple message posté sur un groupe Facebook consacré au « Loto en Nouvelle-Calédonie », alors même que la Française des Jeux n’est pas installée sur le territoire, et elles sont devenues des proies, appâtées par un gain conséquent de 14 millions de francs. Une proposition alléchante qu’elles tentent de saisir en plein vol, sans jamais penser aux conséquences. C’est le point de départ de l’histoire, avant que celle-ci ne vire au drame.
La première victime, une sexagénaire aujourd’hui à la retraite, est contactée au mois de novembre. « Pour retirer ce gain, il fallait que je leur renvoi un formulaire de renseignements me concernant, à savoir mon identité exacte, les coordonnées de mon compte, mon adresse e-mail et mon identifiant de banque », raconte-t-elle. Une demande qu’elle exécute immédiatement. Mais, le 22 décembre dernier, elle observe sur son compte deux retraits de 80 000 et 40 000 francs. La seconde plaignante, une quinquagénaire qui travaille dans un hôtel, a elle aussi fourni ses codes d’accès à sa banque, en plus d’une photo de sa carte bleue, recto verso. Le butin est encore plus conséquent avec deux prélèvements de 198 000 francs et un prélèvement de 80 000 francs le 17 décembre dernier. Connectez vous pour y accéder !Ce contenu est réservé aux abonnés.
Légende : Les internautes doivent faire preuve de prudence alors que les arnaques en ligne sont de plus en plus poussées et sophistiquées.
Claire Gaveau




