Depuis le début de la semaine, les températures enregistrent des records de chaleur. La faute à un minimum dépressionnaire situé à proximité de Chesterfield, à un peu plus de 500 kilomètres à l’Ouest de la pointe Nord-Ouest de la Grande Terre
Des records de chaleur « historiques » variant de 34 à 37 degrés sur la côte Ouest de la Grande Terre : 36,1 degrés enregistrés mercredi à Nouméa, un pic qui vient juste en second derrière un mercure à 36,8 degrés en date du 11 janvier 2024 ; ou encore 37 degrés à La Tontouta, contre 38,3 le 1er janvier 2024. Ce sont les températures les plus élevées sur ces deux communes en 75 ans de mesures effectuées par Météo France. Elles devraient suivre une courbe légèrement à la hausse encore aujourd’hui. Le fauteur de trouble, c’est ce minimum dépressionnaire qui sévit depuis une dizaine de jours au large des Chesterfield, un groupe d’îlots situé dans la mer de Corail à 534 kilomètres exactement à l’Ouest du Nord de la Grande Terre et à mi-chemin entre la Nouvelle-Calédonie et l’Australie. « C’est une dépression tropicale faible qui se dirige lentement vers le Nord-Ouest de l’île Surprise, dans les récifs d’Entrecasteaux, où elle va trouver des eaux plus chaudes et des conditions plus favorables à son développement », explique Ludovic Lesca, prévisionniste à Météo France NC.
Un passage du phénomène sur la Grande Terre du Nord au Sud
« Elle va donc se renforcer lentement et devenir, entre la fin du week-end et le début de la semaine prochaine, une dépression tropicale modérée, avec une trajectoire vers le Sud qui la rapproche de la Nouvelle-Calédonie ». À ce stade, les prévisionnistes retiennent encore une marge d’incertitude, toutefois l’hypothèse retenue est celle d’un passage du phénomène sur la Grande Terre du Nord vers le Sud dans la nuit de lundi à mardi, avec une évacuation dans la journée de mardi. En conséquence, « le temps devrait commencer à se dégrader dimanche avec une couverture nuageuse et de faibles vents, et surtout lundi avec de fortes pluies, sur le Nord et la côte Est dans un premier temps, puis de manière généralisée », précise Ludovic Lesca. La dépression devrait générer des vents de 100 km/h. Les données commençaient hier à devenir « concordantes » pour Météo France NC, qui devrait faire un point plus précis ce jour afin d’informer la population des possibles conséquences de ce premier phénomène de la saison chaude.
Une trajectoire et une intensité qui peuvent encore évoluer
« On ne devrait pas dépasser le stade de la dépression tropicale modérée, mais la trajectoire et l’intensité du phénomène peuvent encore évoluer », tempère Ludovic Lesca. L’activité dans la zone Pacifique est relativement élevée, puisqu’à l’heure actuelle, un autre minimum dépressionnaire sévit dans la zone de Fidji, mais « il va s’évacuer vers le Sud et ne nous concerne pas », et un troisième qui se tenait à proximité des côtes australiennes est en train de disparaître. Les effets de la Niña se font ressentir, même s’ils sont « assez peu marqués pour cet été austral ». Les températures des eaux sont donc supérieures aux normales de saison, tout comme celles de l’air : des conditions propices au développement de cyclones. À l’approche du week-end, et de cette première dépression de la saison, les Calédoniens sont en tout cas invités à se tenir informés des évolutions du temps, et à respecter les consignes de sécurité en vigueur.
Vers une vigilance « fortes chaleurs » ?
Si Météo France NC ne propose pour l’instant que trois vigilances concernant les pluies/orages, les vents et la houle, l’offre pourrait s’élargir aux fortes chaleurs dans les mois qui viennent. Avec également trois codes couleur, jaune, orange et rouge. Des travaux sont en cours avec la DASS et la Sécurité civile. Des formulaires avec les conseils et consignes à respecter en fonction du niveau de chaleur ou de canicule seraient proposés par la Direction des affaires sanitaires et sociales, un peu sur le modèle hexagonal. L’objectif, limiter les risques pour la population et protéger les plus fragiles, des bébés aux personnes âgées.
Légende photo : La dépression actuellement située sur les Chesterfield devrait traverser la Nouvelle-Calédonie dans la nuit de lundi à mardi.
Isabelle Peltier



