Le laboratoire américain Variant Bio, qui a mené l’étude Caledogoutckd entre 2023 et 2024 sur le territoire, a dévoilé les résultats préliminaires de ses recherches menées auprès de 1800 personnes mélanésiennes. Retour sur cette étude sanitaire consacrée notamment à la goutte et à l’insuffisance rénale chronique, deux problématiques récurrentes sur le territoire.
Comment s’est déroulée l’étude ?
Le laboratoire Variant Bio, en partenariat avec le Groupement des hôpitaux de l’Institut Catholique de Lille (GHICL), la province des Îles et la Direction de l’action communautaire et de l’action sanitaire (DACAS), a mené une vaste étude entre 2023 et 2024. Au total, près de 1 800 personnes, toutes mélanésiennes, ont participé à cette étude menée sur 19 sites différents et qui a mobilisé 15 médecins et 11 infirmières. Dans le détail, les participants sont majoritairement originaires de Lifou (1 018 personnes), mais aussi de la Grande Terre (426), de Maré (279) et enfin d’Ouvéa (59). « Nous avons étudié la goutte, les maladies rénales et les caractéristiques associées afin de comprendre l’influence des gènes sur la santé en Nouvelle-Calédonie », explique Sarah LeBaron von Baeyer, anthropologue canadienne. « Nous avons recueilli de nombreuses données, comme la taille, le poids, la masse musculaire, des informations médicales également comme l’hypertension. Des échantillons de sang et d’urine ont également été prélevés pour des analyses génétiques. »
Pourquoi une étude en Nouvelle-Calédonie ?
Malgré la taille limitée du territoire, Sarah LeBaron von Baeyer connaissait la réalité locale, grâce aux médecins qui travaillent quotidiennement sur place. « Il y a beaucoup de patients qui présentent des symptômes de goutte ou encore d’insuffisance rénale, notamment chez les patients kanak. Cela nous informe, avant même l’étude, qu’il y a probablement une question génétique derrière cela », avance la spécialiste, qui a pu se déplacer sur les différentes îles Loyauté pour présenter ses résultats. Car, selon elle, « les seuls facteurs environnementaux » n’étaient pas suffisants pour expliquer de tels chiffres. Et de comparer avec les États-Unis par exemple : « On ne voit pas beaucoup de patients avec la goutte là-bas, pourtant, ils mangent très mal. Alors, pourquoi ? Pourquoi existe-t-il autant de goutte et d’insuffisance rénale ici ? On voulait vraiment comprendre les facteurs génétiques. »
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Légende photo : Sarah LeBaron von Baeyer et Olivia Gray ont dévoilé les résultats préliminaires de l’étude, samedi à Ducos.
Claire Gaveau



