Le gouvernement et l’État ont officialisé vendredi le lancement de l’opération de démolition et reconstruction du site de Doniambo, premier d’une série de chantiers qui s’étaleront sur trois ans.
Sur le site de la direction des Achats, du patrimoine et des moyens (DAPM) à Doniambo, vendredi 5 décembre au matin, élus et représentants de l’État ont réaffirmé leur volonté commune de tourner la page des violences de mai 2024. Le chantier de démolition et reconstruction qui démarre symbolise le redémarrage économique tant attendu par les entreprises calédoniennes. « On est content ce matin de dire que ça démarre », a déclaré Alcide Ponga, président du gouvernement. Ce premier chantier d’envergure s’inscrit dans un plan global de reconstruction porté par l’État et la Nouvelle-Calédonie. Après des mois de travail administratif nécessaire pour constituer les dossiers et procéder aux estimations, les travaux peuvent enfin commencer. L’enveloppe initialement prévue à 24 milliards de francs a été réajustée à environ 12 milliards après les calculs définitifs.
Un signal fort pour l’économie locale
Le chantier de Doniambo représente un investissement de 630 millions de francs pour la reconstruction de l’ancien dock du gouvernement. L’État y contribue à hauteur de 302 400 000 francs. Pour Petelo Sao, membre du gouvernement chargé de la construction, ce lieu revêt une importance particulière. « C’était important pour nous de montrer notre volonté de redonner de la vie dans nos structures et surtout dans ce quartier de la vallée du Tir », a-t-il souligné, rappelant que ce secteur constitue l’entrée de la ville. Au total, dix chantiers gouvernementaux sont prévus pour un montant de 10 milliards de francs, avec une participation de l’État à 60 %. D’autres projets ont déjà été lancés, comme la maison des syndicats, le Sénat coutumier ou encore les chantiers de routes pour 800 millions. Le centre d’accueil de Nouville démarre également en parallèle. Le Haut-commissaire Jacques Billant a détaillé le dispositif mis en place par l’État pour accompagner la reconstruction. « Au total, et pour l’ensemble du territoire, toute collectivité confondue, ce sont 80 dossiers qui sont en cours d’instruction » pour un montant de 12,3 milliards de francs. L’État finance à hauteur de 80 % les bâtiments non scolaires et 100 % les établissements scolaires.

Une course contre la montre
La rapidité d’exécution constitue désormais l’enjeu majeur. Jacques Billant l’a souligné avec force. « C’est une course contre la montre », a-t-il affirmé, saluant la résilience des entreprises qui font tout pour conserver leurs compétences et leurs emplois depuis mai 2024. Le système d’avances de 30 % mis en place permet aux collectivités de disposer immédiatement de trésorerie. Pour Doniambo, 91 millions de francs ont déjà été versés au gouvernement. Le calendrier prévoit une montée en puissance progressive. De nombreux chantiers démarreront en 2026, le temps de finaliser l’ensemble des dossiers. Un comité de pilotage, suivi par Petelo Sao, se réunit trimestriellement pour vérifier le respect des calendriers. « Nous aussi on met la pression de façon à ce que le calendrier soit respecté », a-t-il assuré, conscient que ce signal est crucial pour le secteur du BTP. Les défis restent nombreux, notamment sur le plan environnemental avec le traitement des déchets toxiques et des peintures au plomb. Mais l’essentiel est acquis : la machine est relancée et l’argent circule enfin dans l’économie calédonienne.
Légende 1 : Les équipes qui travaillaient dans les locaux de la DAPM, fortement dégradés pendant les émeutes, ont été relocalisés temporairement au sein de différents bâtiments administratifs du Gouvernement. Crédits : C.R-PÂ
Claire Rio-PennuenÂ



