Les Calédoniens seront-ils consultés sur l’accord de Bougival ? Ça n’en prend pas le chemin. Le Parti socialiste vient d’écrire au Premier ministre demandant la suspension du processus de consultation. Dans le même temps, Naïma Moutchou défend le projet à l’Assemblée nationale. Â
Chaque jour qui passe ajoute une réaction ou une prise de position qui fragilise davantage le processus de Bougival. Cette fois, c’est la consultation des Calédoniens sur l’accord qui focalise justement tous les désaccords. A l’Assemblée nationale, le député Emmanuel Tjibaou a attaqué l’État lors des questions orales au gouvernement. « Je cherche à comprendre la stratégie du gouvernement pour notre pays, Kanaky Nouvelle-Calédonie », a-t-il déclaré. Évoquant la situation économique et sociale de la Nouvelle-Calédonie, sans en préciser les causes, à savoir les émeutes de la CCAT, il dénonce le fait que « nous statuerons bientôt sur le PLF 2026 (ndlr : budget de la France), et on ne voit toujours pas l’ombre des arbitrages attendus pour le pays déjà au bord du gouffre ». Concernant la consultation sur le projet de Bougival soumise aux Calédoniens, Emmanuel Tjibaou en dénonce le principe. « Une consultation référendaire non inscrite à l’accord de Nouméa sur un corps électoral, on se pose la question. Sans amendement, sans fondement juridique, sur un projet contesté qui pourra être mis en Å“uvre après une révision constitutionnelle, c’est mettre pour nous la charrue avant les bÅ“ufs ». Et le député Tjibaou de spécifier qu’en commission au Congrès, « l’Éveil Océanien, Calédonie Ensemble, l’UNI et l’UC-FLNKS se sont déclarés contre la consultation anticipée », déclarant même que « cette méthode nous rappelle des ministres qu’on a connus dans l’ancien temps. Je pense au ministre Pons ». Et de poser sa question : « C’est quoi la stratégie de l’État pour poursuivre cette trajectoire de décolonisation ? » Connectez vous pour y accéder !Ce contenu est réservé aux abonnés.
Nicolas Vignoles



