La bibliothèque Bernheim va devoir se serrer la ceinture

Faute d’équilibre budgétaire pour l’exercice 2025, l’établissement est désormais tenu de suivre un plan de redressement sur trois ans, placé sous le contrôle strict de la Chambre territoriale des comptes (CTC)

Depuis le début de l’année, la bibliothèque Bernheim peinait à présenter un budget 2025 en équilibre. Le Haut-commissariat avait saisi la CTC en avril, après l’adoption d’un budget primitif déficitaire. Dans deux avis successifs, la juridiction financière avait mis en garde contre une situation devenue intenable, et préconisé « une augmentation des ressources de la part de ses financeurs ou, à défaut, une réduction des charges, y compris de personnels », rappelle la CTC dans un communiqué.

Un plan d’économies de 90 millions d’ici 2028

La décision modificative N°1 votée à la mi-septembre par le conseil d’administration de la bibliothèque publique territoriale n’a pas suffi à redresser la barre. La CTC constate que le budget demeure « déséquilibré » et impose donc un plan de redressement couvrant la période 2026-2028. Celui-ci prévoit de réduire le déficit de fonctionnement de 4,9 millions de francs entre 2025 et 2026, puis 36,5 millions entre 2026 et 2027, et enfin 51,9 millions entre 2027 et 2028. Au total, plus de 90 millions de francs devront être économisés, soit l’équivalent du déficit enregistré lors de l’élaboration du budget primitif 2025.

La Chambre va plus loin encore. Elle demande à la bibliothèque de « surseoir à toute nouvelle opération ne correspondant pas à une dépense obligatoire et qui serait de nature à créer une charge nouvelle, sauf économie du même montant ou recette nouvelle ». Les marges de manœuvre de l’établissement sont donc gelées, en attendant son redressement. Une restriction qui intervient alors que la nouvelle bibliothèque doit ouvrir au premier semestre 2026. Le projet culturel, scientifique, éducatif et social 2026-2028, adopté le même jour que la DM1, est lui aussi remis en cause. Il « n’inclut pas les conséquences financières de l’intégration du nouveau bâtiment et n’est pas en cohérence avec le plan de redressement », note la Chambre, inquiète d’une aggravation des coûts de fonctionnement.

La juridiction renouvelle enfin son invitation à réformer les statuts de l’établissement pour clarifier la part de chaque financeur public au sein du conseil d’administration, à savoir l’État, la Nouvelle-Calédonie, la province Sud et la Ville de Nouméa. Le plan de redressement fera l’objet d’un suivi annuel et, « le cas échéant », d’une intervention du Haut-commissaire jusqu’au retour à l’équilibre, conclut la juridiction financière.

Béryl Ziegler

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