Émeutes du 13 mai : pourquoi l’État pourrait être condamné à de lourdes indemnités

447 millions de francs pour le centre commercial Kenu-In, 178 millions de francs pour une banque, 190 millions pour un opticien, 157 millions pour une boulangerie… Un an après les événements insurrectionnels, le tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie est appelé à se prononcer sur la responsabilité financière de l’État dans le remboursement des biens détruits dans la zone de Kenu-In. La rapporteure publique a demandé sa condamnation pour « faute simple ».

À qui revient la charge de sortir le carnet de chèques et de payer la facture du 13 mai ? Un an et demi après les événements insurrectionnels qui ont éclaté le 13 mai 2024, l’État et les assureurs se renvoient la balle pour savoir qui doit supporter les frais des dégâts. L’heure des émeutes étant passée, la bataille juridique peut enfin être lancée. Il s’agit désormais d’identifier le responsable. Pas pénalement — une information judiciaire visant les « commanditaires présumés » de la CCAT est toujours en cours —, mais civilement. Le bilan de cette folie destructrice est en effet catastrophique : l’estimation des dégâts s’élève à 265 milliards de francs, avec la destruction (ou la dégradation) de 500 à 800 entreprises et la perte de plus de 12 000 emplois dans le secteur privé. D’une ampleur et d’une violence inouïes, les événements de l’année dernière ont remis en cause la capacité de l’État à maintenir l’ordre public. Ils posent également la question de la réparation des préjudices subis. Magasins incendiés, entrepôts pillés et saccagés… Les victimes ou leurs assureurs souhaitent désormais obtenir réparation. Pour la première fois, le tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie a examiné, jeudi matin, quatorze requêtes introduites par la société d’assurance Allianz qui formule des demandes indemnitaires contre l’État « au titre des préjudices subis ». Les quatorze « requérants » sont tous issus de la zone commerciale de Kenu-In, à Dumbéa, totalement ravagée dès la première semaine des émeutes : on y retrouve la BNC, la boulangerie Brioche Dorée, l’opticien Sud Optic, le magasin de prêt-à-porter Marlène… L’ensemble de leurs demandes s’élève à 16,7 milliards de francs. 

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