Il est temps que la société calédonienne s’interroge sur elle-même dans une nécessaire introspection. Le bilan tiré lundi du Grenelle des violences conjugales et intrafamiliales a confirmé l’ampleur du drame, avec des taux, des statistiques et des chiffres confondants, alarmants, angoissants. Les violences intrafamiliales sont donc consubstantielles de la société calédonienne. Et ne disons pas que rien n’est fait pour lutter contre ces violences et les réduire. Associations, institutions, justice et forces de l’ordre sont mobilisées avec force et détermination, sans que pour autant la courbe ne s’inverse. C’est donc bien que le problème se niche en notre sein, dans notre rapport à l’autre et avec plus d’acuité encore avec les femmes. Une société ne peut plus vivre ni progresser lorsqu’elle génère autant de violences et de tragédies. Il en va donc, en cette matière aussi, de notre avenir. Avec une question lancinante à laquelle nous n’avons toujours pas trouvé de réponse : comment faire pour que les choses changent et que les femmes de Nouvelle-Calédonie ne soient pas les victimes expiatoires de comportements inhumains et odieux ? Une lutte menée depuis des années contre cette réalité et qui va devoir se poursuivre des années encore, tant cette horreur nous imprègne, nous fragilise et nous accable. Â
Nicolas VignolesÂ



