Un homme de 29 ans a été libéré sous contrôle judiciaire par le tribunal correctionnel de Nouméa, qui devait le juger pour un homicide routier commis le 20 juillet dernier, à Canala.
Ce jour-là, le jeune homme, qui conduisait manifestement trop vite et sous l’empire d’un état alcoolique (1,2 milligramme par litre d’air expiré), avait perdu le contrôle de son véhicule avant de percuter violemment une voiture circulant sur la voie d’en face, dans le secteur de Negropo (Canala). Un homme de 68 ans et sa petite-fille de 10 ans, qu’il tenait sur ses genoux, avaient perdu la vie dans cet accident particulièrement tragique.
Quatre mois plus tard, le chauffard a été déféré par le parquet de Nouméa pour être jugé en comparution immédiate. Devant le tribunal correctionnel, le prévenu a demandé un délai pour préparer sa défense. Son avocate, Me Claire Ghiani, a demandé à la juridiction de le libérer du Camp-Est et de le placer sous contrôle judiciaire en attendant l’audience de renvoi, programmée au 17 décembre. « Sa grande sœur, qui habite Nouméa, propose de l’héberger jusqu’à son procès. Je précise qu’il ne conduit plus et qu’il ne boit plus non plus. Au moment des faits, mon client venait de quitter une cérémonie de deuil », a-t-elle déclaré. Ce à quoi s’est opposée la procureure de la République. « Il doit être maintenu en détention provisoire pour éviter toute pression sur les victimes et les témoins. Il n’a pas d’emploi stable et a déjà été condamné deux fois pour des délits routiers. Le préjudice subi par les victimes est extrêmement important. Rien ne garantit qu’il se présentera à son procès. » Me Ghiani ne comprend pas cette position, d’autant que son client « était libre depuis l’accident. Si on l’a laissé en liberté pendant quatre mois, je ne vois pas comment on peut aujourd’hui demander qu’il soit en prison ».
La juridiction a décidé de mettre fin à sa détention provisoire. Jusqu’à son procès, le prévenu a l’obligation de se présenter deux fois par semaine au commissariat de Nouméa, de ne pas conduire de véhicule et de ne pas se rendre à Canala.
J.-A.G.-L.




