Naïma Moutchou arrive ce matin pour sa première visite officielle en tant que ministre des Outre-mer. Les groupes politiques, le monde économique, les Calédoniens en général attendent beaucoup de ce déplacement.
Ça ne peut pas être une visite ministérielle comme nous en avons tant connue par le passé, et placée sous le sceau de « la prise de contact ». La Nouvelle-Calédonie est dans un tel état social et économique et dans une telle incertitude politique que certains rendez-vous ou rencontres pourraient s’avérer superfétatoires. Invité vendredi de l’émission Transparence sur RRB, le député Nicolas Metzdorf a indiqué que, pour lui, cette visite devait se révéler « décisive ». Mais en quoi doit-elle l’être ?
Dans le contexte que nous connaissons, et après l’adoption de la loi organique sur le report des élections provinciales afin de permettre au dialogue de s’installer, la donne est simple. La ministre des Outre-mer doit acter la position du FLNKS quant à sa participation à des négociations, et dans le cas d’une réponse positive faire en sorte que ces discussions prennent corps. Sur le plan économique et social, même si le programme officiel de la ministre ne comprend qu’une brève rencontre avec le monde économique, on attend de Naïma Moutchou qu’elle porte la parole de l’État en termes de relance, d’investissement et d’un soutien qui ne passe pas par le surendettement, mais par une aide sans contrepartie. Ce sont là les deux moments sur lesquels la ministre est donc attendue.
Déjà un aperçu
Le FLNKS, dans son dernier communiqué, a donné le ton. Il souhaite un « dialogue sincère », mais marque les limites de la discussion. « Pour le FLNKS, est-il écrit, les discussions à venir doivent conduire à l’aboutissement de l’accord de Nouméa, dans sa vocation première : amener Kanaky sur la voie de la décolonisation et de la souveraineté ». Et le communiqué conclut : « Kanaky ne se négocie pas. Elle doit se libérer dans la dignité et la cohérence de son histoire ». Ça a le mérite d’être clair et cela éclaire peut-être la ministre sur les intentions réelles du FLNKS, qui n’entend donc discuter que de l’accession pleine et entière à l’indépendance. Exit Bougival, négocions l’accord de Kanaky. Naïma Moutchou en aura sans doute confirmation lors de sa rencontre avec une délégation du FLNKS. Alors, qu’arrivera-t-il ensuite ? Soit la ministre confirme que le FLNKS entend faire sans les autres et elle poursuit la feuille de route de la mise en œuvre de Bougival, soit (mais comment y croire ?), elle cherche encore la voie étroite de négociation avec le FLNKS. Nous serons vite fixés.
N.V.




