Outre des peines de prison avec sursis à l’encontre de deux tenanciers d’une salle de jeux clandestine installée dans l’arrière-boutique d’une épicerie du Mont-Dore, le parquet a requis la confiscation des saisies pour un montant de 127 millions de francs. La décision du tribunal sera rendue dans un mois.
En apparence, l’Alimentation du Pont-des-Français n’était qu’une banale épicerie de quartier. Oui, mais ce n’était qu’en apparence. Mais derrière les rayons bien achalandés, dans l’arrière-boutique, le milieu du poker calédonien avait ses habitudes, à l’abri des regards trop indiscrets. À cette « table » courue se retrouvaient chefs d’entreprises, commerçants et autres retraités. Le lieu n’avait rien de luxueux ni d’ostentatoire, mais qu’importe : les cercles clandestins sont davantage prisés que les cercles légaux. Une question de discrétion, certainement.
Après plusieurs années d’enquête, le tribunal correctionnel de Nouméa a plongé dans ce monde caché, qui a ses propres codes, son langage à lui. Douze heures d’audience ont permis aux magistrats d’ouvrir la lourde porte d’un cercle de jeu illégal. Sous la loupe de la justice, deux gérants de l’Alimentation, leurs épouses, et deux complices jouant le rôle de croupiers. Bienvenue dans un univers où seuls les initiés peuvent s’asseoir autour de la table.
C’est un tuyau anonyme qui a mis les gendarmes de la brigade de recherches de Nouméa sur la piste de ce tripot en 2019. Pendant neuf mois, de jour comme de nuit, ils ont surveillé discrètement le commerce du Mont-Dore. Sous leurs yeux défile un ballet ininterrompu de voitures. Les passionnés de cartes vont et viennent. Certains sont des habitués du casino de Nouméa. Depuis plusieurs mois, le cercle de jeux accueille des dizaines de joueurs de poker qui se pressent dans cette arrière-boutique pour disputer des tournois ou des « cash games », ces parties qui permettent de jouer à n’importe quel moment, de remettre de l’argent en cours de partie lorsqu’on est à sec ou de se retirer lorsqu’on le souhaite. Connectez vous pour y accéder !Ce contenu est réservé aux abonnés.
Jean-Alexis Gallien-Lamarche



