L’autre annonce majeure concerne le calendrier budgétaire. Le gouvernement s’est fixé pour objectif de faire voter le budget 2026 avant le 31 décembre 2025, chose qui n’a pas été faite depuis « longtemps », a reconnu Christopher Gygès, alors que le budget était jusqu’alors voté en février ou mars. Un pari ambitieux que Thierry Santa, l’ancien membre du gouvernement, avait jugé compliqué. « Oui, ça sera compliqué, mais on le fera », a répondu l’actuel porte-parole, justifiant cette échéance par les élections municipales et provinciales de 2026. Ce « budget de refondation » sera élaboré selon une méthode participative inédite, associant dès le début les présidents de groupe du Congrès et le GTPE (groupe de travail des présidents des exécutifs). Deux priorités sont déjà affichées : l’exemplarité en matière de dépenses publiques et la relance de l’économie. Sur le premier point, Christopher Gygès a été clair : « Je ne souhaite pas proposer d’augmentation de la pression fiscale. » En revanche, le gouvernement travaillera sur la réduction des dépenses publiques, la réforme de l’administration, la suppression de certains établissements publics et de nouvelles règles sur les voyages des élus. « Un grand nombre de Calédoniens ne supportent plus ça », a-t-il justifié. Mais ce budget ne pourra se faire sans l’État. Le porte-parole a été particulièrement ferme sur ce point, attendant des engagements rapides sur trois sujets : le désendettement de la Nouvelle-Calédonie, le plan d’investissement et le soutien 2026. « On ne peut pas continuer à payer plus de 4 milliards de remboursement du prêt à un taux qui est celui de l’achat d’un crédit conso pour une bagnole », a-t-il déclaré, ajoutant : « Si c’est non, l’État gérera le budget de la Nouvelle-Calédonie, parce qu’on ne bouclera pas. » Le calendrier prévoit un débat d’orientation budgétaire début décembre et un vote fin décembre. Le gouvernement espère que des annonces seront faites lors de la visite à venir de Naïma Moutchou la semaine prochaine.
Une visite reprogrammée
Initialement programmée du 3 au 7 novembre, la première visite de Naïma Moutchou, qui a succédé à Manuel Valls au ministère des Outre-mer, a été annulée et reportée à la dernière minute. Une décision prise, sur demande du Premier ministre, en raison « des échéances budgétaires » sur la scène nationale. « Ce décalage permettra à la ministre de contribuer, aux côtés des parlementaires, à la finalisation d’une trajectoire budgétaire exigeante et équilibrée pour les Outre-mer, fidèle aux engagements du gouvernement et adaptée aux réalités de chaque territoire », avait alors expliqué la rue Oudinot dans un communiqué. Et, selon les dernières informations, Naïma Moutchou devrait finalement effectuer son premier déplacement en Nouvelle-Calédonie la semaine prochaine, alors que la visite a été reprogrammée du 10 au 14 novembre.
Claire Rio-Pennuen



