Samedi tard dans la soirée, un communiqué émanant du cabinet de la Ministre des Outre-mer, nous annonçait que Naïma Moutchou ne vient plus en Nouvelle-Calédonie. Une visite reportée ou annulée ?
Naïma Moutchou devait entamer ce lundi une visite de 5 jours en Nouvelle-Calédonie, la 1ʳᵉ en tant que membre du gouvernement. Mais finalement, le Premier ministre lui a demandé de surseoir à cette venue. « En raison des échéances budgétaires majeures auxquelles fait face, dit un bref communiqué, le Premier ministre a demandé à la ministre des Outre-mer, après en avoir échangé avec elle, de reporter de quelques jours son déplacement en Nouvelle-Calédonie ». Il faut dire que, dans la période, on aurait pu penser que la ministre des Outre-mer consacrerait l’essentiel de son temps aux discussions politiques ou aux rencontres avec le monde économique et la mission interministérielle. Mais finalement, et comme elle l’avait dit elle-même à la tribune de l’Assemblée nationale, Naïma Moutchou voulait rencontrer les Calédoniens. Alors elle devait se rendre dans les trois provinces, avec des haltes quasi obligatoires lors d’une visite classique de ministre, comme une station agricole, le RSMA ou une exploitation de vanille. Pour ce qui est du temps politique, la seule journée de demain mardi devait y être consacrée, ce qui sans doute en surprendra plus d’un. Ce jour-là, il était prévu que Naïma Moutchou s’entretienne – en bilatérale – avec les partis politiques, assurément les signataires de Bougival, voire avec le FLNKS, ce dernier n’ayant pas fermé la porte à un « entretien » avec la ministre des Outre-mer.
Impréparation ?
Le report de cette visite interroge. Dans un temps politique incertain où l’avenir de l’accord de Bougival se joue, et où la question économique et sociale demeure prégnante, Naïma Moutchou ne pouvait effectuer une visite en Nouvelle-Calédonie sur le mode de celles de tous ses prédécesseurs. Or le programme qui lui avait été concocté semblait totalement déconnecté de la réalité politique et économique calédonienne. D’ailleurs, le communiqué stipule que le report de cette visite doit permettre à la ministre « de contribuer, aux côtés des parlementaires, à la finalisation d’une trajectoire budgétaire exigeante et équilibrée pour les Outre-mer, fidèle aux engagements du gouvernement et adaptée à la réalité de chaque territoire ». En précisant que « la Nouvelle-Calédonie, profondément marquée par les violences de mai 2024, demeure au cœur de cette mobilisation nationale ». À cet effet, nous dit-on, « le Premier ministre présidera une réunion de ministres dans les prochains jours, afin de consolider les réponses de l’État en matière de soutien économique, social et institutionnel ».



