Comme on s’y attendait, le Sénat, à une très large majorité, a adopté la Loi organique reportant les élections provinciales à l’année prochaine. Après le vote de l’Assemblée nationale, c’est une étape cruciale dans la mise en œuvre de l’accord de Bougival.
La ministre des Outre-mer arrive dimanche à Nouméa. Naïma Moutchou effectuera alors son premier voyage en Calédonie en tant que membre du gouvernement, avec l’espoir sans doute de convaincre le FLNKS de poursuivre les discussions. C’est l’argument principal qui a été avancé pour faire adopter le report des élections. « C’est un acte de responsabilité, a ainsi déclaré Naïma Moutchou à la tribune du Sénat. Ce n’est pas un texte d’ajustement, c’est une étape pour donner du temps, du sens et une direction claire au dialogue qui est engagé en Nouvelle-Calédonie. »Â
Il faut du temps
Pour la ministre, comme pour beaucoup d’autres d’ailleurs, le délai donné par le report des élections doit être mis à profit pour convaincre l’UC-FLNKS de discuter d’un accord, qu’il avait signé dans un premier temps, pour l’améliorer, le compléter, le préciser. « Même si le FLNKS a choisi a posteriori de retirer les signatures de ses représentants, a déclaré la ministre des Outre-mer, nous ne pouvons pas faire comme si l’accord n’était pas soutenu par toutes les autres formations politiques locales, non indépendantistes bien sûr, mais aussi les indépendantistes de l’UNI-Palika. Néanmoins, une raison supplémentaire justifie désormais le report, c’est le retrait du FLNKS qui a démontré que l’accord de Bougival mérite certainement d’être éclairé, d’être précisé, d’être complété si l’ensemble des forces politiques signataires s’accordent. Dans ce contexte, maintenir les élections provinciales serait une erreur. Il faut du temps, il faut du temps pour se parler, il faut du temps pour reconstruire la confiance et c’est le sens de ce texte qui ne reporte pas pour retarder, mais qui reporte pour apaiser ». Connectez vous pour y accéder !Ce contenu est réservé aux abonnés.
Légende : Naïma Moutchou s’est exprimée devant les sénateurs, jeudi.
Nicolas Vignoles




