Un homme de 30 ans a été condamné par le tribunal correctionnel de Nouméa pour avoir participé au saccage des installations minières de la SLN, survenu pendant les émeutes, dans la commune de Thio. Il a raconté avoir agi sur « les ordres » de la CCAT. Les trois sites miniers de Thio, opérés par la Société Le Nickel, sont fermés depuis un an.
C’est le site minier le plus ancien du pays, berceau de l’exploitation de l’«or vert» en Nouvelle-Calédonie et dans le monde. Thio et la SLN, c’est une histoire qui dure depuis 1875. Mais cette relation si ancienne s’est fracassée sur l’autel de la crise insurrectionnelle de mai 2024. Aujourd’hui, la commune que l’on appelait autrefois « Nickeltown » ne vit plus du précieux minerai. Les trois sites miniers opérés par la Société Le Nickel (SLN) – le Plateau, le Camp des Sapins et Dothio – ne sont plus exploités depuis octobre 2024. Un an plus tard, la situation n’a pas évolué : « C’est un tel cataclysme qui s’est abattu qu’il ne sera pas possible de réparer. L’ouverture prochaine ou lointaine n’est pas envisageable à Thio », confie Me Fabien Chambarlhac, l’avocat de l’industriel.
Au tribunal correctionnel de Nouméa, jeudi, un homme de 30 ans a comparu pour s’en être pris aux installations de la SLN. Le 19 mai 2024, un convoi de plusieurs pick-up a forcé le portail de la mine du Plateau. L’intrusion était parfaitement organisée : alors que des centaines de barrages ont été érigés aux quatre coins du territoire, plusieurs habitants de Thio, dont le prévenu, ont volé des réserves de carburant de l’entreprise minière.
Le trentenaire, tatouages sur le visage, justifie son action par le manque d’essence dont souffrait la population. Il raconte qu’il était chargé « de surveiller la mine » et qu’il « dormait devant le portail » pour éviter « les intrusions » mais que le chef de la tribu est venu lui dire que « la population avait besoin de mazout ». Connectez vous pour y accéder !Ce contenu est réservé aux abonnés.
Jean-Alexis Gallien-Lamarche



