Dans une lettre ouverte au président du gouvernement, le groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès demande « solennellement » à Alcide Ponga de démissionner.
Il est reproché au président du 18e gouvernement, par le groupe que préside Pierre-Chanel Tutugoro au Congrès, de n’avoir rien changé après avoir renversé Louis Mapou. « Il faut bien reconnaître, dit la lettre ouverte, que les raisons avancées pour justifier la destitution du précédent exécutif se retrouvent, amplifiées, dans votre propre gouvernance. Vous aviez promis de reconstruire ; vous administrez désormais l’austérité. Vous deviez restaurer la collégialité ; vous gouvernez par exclusion. Vous disiez vouloir défendre la souveraineté ; vous en avez cédé les leviers ». Dans cette lettre, le groupe UC-FLNKS et Nationalistes se livre à une charge contre Alcide Ponga, accusé d’avoir replacé la Nouvelle-Calédonie sous la tutelle de l’État. « Les réformes profondes que le pays attendait ont cédé la place à une succession de “réformettes” sans cohérence, dit l’UC, traduisant plus une inertie qu’un courage politique réel. Là où il fallait refonder, vous avez improvisé ; là où il fallait protéger, vous avez ponctionné ». Et l’UC-FLNKS conclut ce courrier en menaçant de faire tomber le gouvernement : « Dans le cas où vous refuseriez d’admettre votre échec politique et d’aligner vos décisions sur les aspirations populaires, est-il ainsi indiqué, nous prendrons toutes nos responsabilités institutionnelles et politiques pour mettre un terme à une gouvernance qui s’éloigne des besoins quotidiens des Calédoniens et met en péril la souveraineté de leur pays ».
Une affaire dans l’affaire
Le groupe Rassemblement au Congrès a aussitôt réagi, lui aussi au travers d’un courrier adressé au groupe UC-FLNKS. Et dans une allusion à peine dissimulée, Virginie Ruffenach fait référence à l’insurrection du 13 mai, organisée par la CCAT, émanation de l’UC-FLNKS. « Vous prétendez aujourd’hui donner des leçons de gouvernance, après que votre formation politique ait passé des années à occuper des responsabilités institutionnelles majeures sans jamais produire le moindre résultat tangible pour les Calédoniens, dit ainsi cette lettre. Il faut une mémoire bien sélective, et si peu d’humilité pour oser parler “d’échec politique”, alors que ce sont vos postures qui ont laissé la Nouvelle-Calédonie exsangue, ses institutions paralysées et son économie à genoux ». Alors que l’Assemblée examine le projet de loi organique sur le report des élections, l’UC créé donc « une affaire dans l’affaire », au risque de déclencher en Nouvelle-Calédonie aussi une crise institutionnelle.
Nicolas Vignoles



