Rencontre avec… Nicolas Metzdorf

Le dossier calédonien et la mise en œuvre de l’accord de Bougival vont vivre cette semaine, une étape importante, sinon décisive. L’adoption ou non de la loi organique sur le report des élections provinciales va peut-être déterminer la suite du processus. Avant son examen par l’Assemblée nationale, mercredi à Paris, nous avons fait le point avec le député Nicolas Metzdorf.

LVDC : Cela fait un bon moment maintenant que vous êtes en Métropole et que vous y rencontrez les groupes politiques. Nous entamons une semaine qui sera donc marquée par l’examen, à l’Assemblée nationale, du projet de loi organique sur le report des élections provinciales. Selon vous, dans quel état d’esprit se trouve la chambre basse ?  

Concernant la Nouvelle-Calédonie, l’Assemblée nationale est toujours prudente, et cela depuis l’époque de Jacques Lafleur. Elle avance, on va dire, avec une forme de tact sur les questions calédoniennes et notamment sur le décalage des élections provinciales. Comme le député du FLNKS, Emmanuel Tjibaou, y est opposé, il y aura forcément dans l’hémicycle une opposition entre l’extrême-gauche et le reste des groupes politiques. Donc c’est vrai que cela va être plus délicat comme débat que ce que nous avons pu voir au Sénat.  

LVDC : Y a-t-il un risque que le texte ne soit pas adopté ?  

Oui, bien sûr, il y a un risque que le texte ne soit pas adopté. Il est d’ailleurs plus élevé que la probabilité où le texte passe. On sait que l’extrême-gauche – avec les communistes, la France insoumise et les écologistes – vont évidemment voter contre. Les socialistes, eux, devraient soutenir le texte. Mais de l’autre côté, le Rassemblement national reste très mystérieux sur ses positions. Et on sait que Marine Le Pen a un positionnement qui est ambigu sur la Nouvelle-Calédonie. Donc aujourd’hui, il est probable, si toutes les oppositions se mobilisent, que le texte ne passe pas.  

LVDC : Quelles en seraient les conséquences ?  

Il y aurait un système de navette avec le Sénat. C’est-à-dire que le texte repartirait au Sénat. Mais la conséquence serait probablement, à la fin de l’histoire, que les élections provinciales ne soient pas reportées et qu’elles se tiennent en novembre.

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Propos recueillis par Nicolas Vignoles 

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