Le président du MEDEF national est en déplacement en Nouvelle-Calédonie, les 22 et 23 octobre. Nous lui avons posé quelques questions en amont de sa visite.
LVDC : Quel est l’objectif de votre séjour ?
Patrick Martin : La richesse de notre mouvement, ce sont avant tout nos territoires, mais surtout les femmes et les hommes qui lui insufflent leur énergie. Étant très attaché à nos territoires ultramarins, aller à la rencontre de ceux qui créent, innovent et font avancer nos entreprises et nos idées représente un point d’étape incontournable. Et ce d’autant que la reconstruction économique de la Nouvelle-Calédonie constitue une priorité nationale, à laquelle le MEDEF apporte pleinement son appui en soutenant les forces vives du territoire. Notre mobilisation prend un tout autre relief à un moment charnière de la vie politique française. L’absence de stabilité politique en métropole est susceptible d’avoir des répercussions sur l’équilibre politique et la gouvernance du territoire. À un mois des élections normalement programmées fin novembre, la Nouvelle-Calédonie joue son avenir institutionnel dans un contexte où les enjeux économiques sont majeurs. Cette visite sera un temps d’échange pour aborder les urgences des entreprises locales, les incertitudes fiscales, énergétiques et institutionnelles qui freinent l’élan économique, mais aussi, et des immenses potentialités de cette terre. Pendant plusieurs jours, je rencontrerai celles et ceux qui, chaque jour, entreprennent et font vivre l’archipel. Son avenir ne pourra s’écrire sans la pleine participation du monde économique.
LVDC : Vous avez salué à plusieurs reprises le rôle du MEDEF local dans « l’apaisement entre les deux camps », appelant les entrepreneurs calédoniens à ne pas quitter l’archipel et les autorités à soutenir la relance de l’activité. Estimez-vous avoir été entendu ?
P.M : Les entrepreneurs calédoniens ont fait preuve d’une immense résilience dans le contexte de tensions sociales exacerbées que nous connaissons. Et le rôle du MEDEF Nouvelle-Calédonie a été déterminant pour retrouver un climat d’apaisement. Sa présidente a démontré une ténacité et une persévérance remarquable dans cette épreuve. Nos liens avec le MEDEF Nouvelle-Calédonie sont forts et depuis les émeutes, nos alertes en direction des pouvoirs publics sont davantage prises en compte. Côté entrepreneurs, beaucoup tiennent bon et se reconstruisent, à l’image de Biscochoc qui a relancé une production temporaire après l’incendie. Mais les signaux demeurent fragiles : l’ampleur des destructions et des pertes d’emplois pèsent encore lourdement sur la reprise. Nous attendons désormais des engagements rapides, lisibles et à la hauteur du poids économique des entreprises locales. La confiance ne renaît pas seule, pas plus que l’investissement ne s’improvise : ils exigent une vision commune et un plan stratégique partagé, capable de consolider durablement le tissu économique du territoire.
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Propos recueillis par Béryl Ziegler




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