En attendant de pouvoir éventuellement rentrer en Nouvelle-Calédonie, Christian Tein est particulièrement actif en Métropole. Sa dernière initiative, c’est une lettre ouverte adressée aux parlementaires nationaux.
Un très long courrier de quatre pages qui ne convaincra sans doute que les convaincus, en particulier La France insoumise et les petits partis d’extrême-gauche. Une lettre ouverte dans laquelle, au nom du FLNKS, il demande « solennellement de rejeter la proposition de loi organique relative au report des élections provinciales et la modification du corps électoral provincial ». Les arguments avancés pour justifier ce report sont ceux que Christian Tein et le FLNKS assènent depuis des semaines maintenant, à savoir que l’adoption de cette loi organique serait un nouveau « passage en force » de la part de l’État et contiendrait en elle les germes de nouvelles violences.
Christian la menace
« Nous ne sommes pas des extrémistes, écrit cependant Christian Tein. L’extrémisme c’est plutôt cet entêtement incessant de l’État français et des non-indépendantistes à maintenir une domination coloniale archaïque et à se désengager coûte que coûte du dessein de l’accord de Nouméa. » Nous ne sommes pas des extrémistes donc, mais « notre position est claire et constante : nous ne voulons pas d’un troisième accord “dans la France”. Le peuple kanak a trop attendu. Cela fait trente-sept ans que nous respectons nos engagements, dans la paix et la patience ». Faisant porter la responsabilité du 13 mai sur l’État et les non-indépendantistes, Christian Tein agite la menace de nouvelles violences si Bougival devait être mis en œuvre. « Chaque report nourrit la frustration, entretient l’instabilité et fragilise la paix civile », écrit-il ainsi, précisant même que « nous marchons encore sur des braises : le désespoir rallume toujours la violence ». Alors, « pour éviter que le pays ne revive ces drames, une seule voie est possible : une issue politique négociée avec le FLNKS pour l’indépendance ».
Légende photo : Christian Tein lors d’un rassemblement organisé par La France insoumise. ©Bastien Lachaud
Nicolas Vignoles



