Le ministère public a requis 12 ans d’emprisonnement à l’encontre de Dariky Goah pour le meurtre au ciseau d’Emile Finau. Le drame était survenu en mai 2021, à Ducos, lors d’une bagarre entre les deux hommes sur fond d’alcool.
Près d’une dizaine de témoins ont été entendus au cours de ce procès qui aura duré deux jours – le premier de cette troisième session d’assises. Hier, l’accusé a été entendu longuement, répondant aux questions du président de la Cour, de l’avocat général et des avocats des parties civiles et de la défense. Et les interrogations, ces « zones d’ombre » comme les décrit l’avocate de la défense Maître Joannopoulos, sont nombreuses dans cette affaire et sont revenues de manière régulière au cours de ces deux journées. D’abord, pourquoi, après l’altercation de juillet 2019, Dariky Goah n’a-t-il pas déménagé ? Pourquoi est-il resté plongé dans cette atmosphère anxiogène, emplie d’une violence rentrée qui ne demandait qu’à ressurgir ? Car c’est après cette bagarre, au cours de laquelle l’accusé a porté un coup de sabre à la tête d’Emile Finau et a écopé de 18 mois de prison dont 8 avec sursis pour violences volontaires, que les deux hommes sont devenus ennemis intimes. Selon de nombreux témoignages, la vie de Dariky Goah dans cette zone de Ducos située tout près de la baie de Koutio Kouéta, est devenue marquée par un stress intense. Il était en effet la victime régulière d’une forme de harcèlement de la part d’Emile Finau, avec insultes, jets de pierre et coups de fusil tirés en l’air.
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Isabelle Peltier



