Capitale des Salomon, Honiara accueille la 54e édition du Forum des Îles du Pacifique (FIP). Un sommet qui laisse une large place à la Chine.
Depuis plusieurs mois, les îles Salomon ont opéré un net rapprochement avec le régime de Pékin, contre l’octroi d’avantages. Il y a quelques semaines, la Chine a ainsi « offert » plusieurs dizaines de véhicules à la police et l’armée salomonaise. En échange de quoi les îles Salomon plaident pour un retour de Taïwan dans le giron de la Chine communiste. Une Chine invitée avec tous les honneurs à ce 54e FIP, au détriment des États financeurs, au premier rang desquels la France, qui ont été priés de ne pas venir. Un certain nombre d’États membres n’ont guère apprécié la manière cavalière avec laquelle les îles Salomon imposent leur vue, soulignant le fait qu’il s’agit là d’une décision unilatérale, qui n’a fait l’objet d’aucune consultation internationale et encore moins d’un consensus. En tout état de cause, ce sommet a clairement pour objectif de soutenir l’implication de plus en plus forte de la Chine dans la région Pacifique, face aux États-Unis et aux Occidentaux.
Et Bougival
La Nouvelle-Calédonie est concernée par ce FIP. D’abord parce qu’elle en est membre, mais aussi parce que l’accord de Bougival figure à l’ordre du jour de ce sommet. La Nouvelle-Calédonie est présente à ce rendez-vous, officiellement représentée par Alcide Ponga.
Dès son arrivée, ce dernier a eu des échanges avec la « Troïka » du FIP qui réunit le président, les deux anciens présidents du FIP, ainsi que des représentants partenaires. « Nous avons principalement discuté de l’Accord de Bougival, précise Alcide Ponga. Cette rencontre a été l’occasion d’en expliquer les enjeux et de défendre pleinement cet accord, pilier du processus institutionnel que nous traversons. Le dialogue avec nos partenaires du Pacifique demeure essentiel : ils suivent la situation en Nouvelle-Calédonie avec une attention soutenue et parfois une certaine inquiétude. J’ai souligné l’importance cruciale du respect de cet accord et de la vigilance nécessaire face à la fragilité du processus dans lequel nous sommes engagés ».
Mais il y a un autre représentant calédonien, en l’occurrence Juanito Wamytan, envoyé à Honiara à la demande de Christian Tein, président de l’UC-FLNKS-CCAT, et qui, aux îles Salomon, plaidera pour obtenir le soutien des pays frères dans le rejet de l’accord de Bougival.
Nicolas Vignoles




