« Sans Bougival, c’est le vide absolu »

Le ministre des Outre-mer a rencontré une dernière fois la presse, avant son départ de Calédonie, hier soir. Manuel Valls a affirmé qu’il repartait avec un esprit « volontariste ».

« Quand je suis arrivé il y a une semaine, certains affirmaient que l’accord de Bougival était mort-né », a lancé le ministre des Outre-mer en guise de préambule. « Je n’ai pas le sentiment que c’est le cas aujourd’hui », a-t-il poursuivi. Manuel Valls met en avant les trois séances du comité de rédaction, représentant onze heures de débats et « stabilisant le projet de loi constitutionnelle ». Le ministre balaie de la main les éventuelles conséquences de l’instabilité politique nationale. Une situation qui n’est « pas une découverte » et ne surprend personne, indique-t-il.

Lui répète être « déterminé à avancer », rappelant que l’accord de Bougival avait été salué par les plus hautes autorités de l’État. Et qu’il a déjà mis en place la mission interministérielle pilotée par Claire Durrieu. Pour Manuel Valls, il faut « saisir cette chance historique pour la Nouvelle-Calédonie de se choisir un avenir stable. Sans Bougival, c’est le vide absolu. On revient à la situation d’après le troisième référendum. »

Les intérêts des Calédoniens au-dessus de la politique

Or, la société calédonienne a besoin d’un accord. Le ministre des Outre-mer, qui a multiplié les rendez-vous et les visites sur le terrain, évoque une économie qui s’effondre, une pauvreté qui augmente, et des gestes de solidarité nationale qui se multiplient pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être. Interrogé sur le refus persistant de Bougival par le FLNKS, Manuel Valls persiste et signe : sa main reste tendue, le FLNKS doit revenir dans l’espace de dialogue qui a été créé, car les intérêts des Calédoniens sont au-dessus des affaires politiques. En outre, le projet du Front « n’est pas viable dans le cadre d’une réforme constitutionnelle ». Interrogé sur un possible retour de la violence, le ministre des Outre-mer répond que « l’État ne se laissera pas surprendre cette fois ». Et défend une nouvelle fois l’accord de Bougival, qui a réussi à « concilier l’aspiration à la pleine souveraineté et l’aspiration à rester dans la France ».

Un accord porteur pour lui d’avenir et d’espoir. Manuel Valls envisage de revenir en novembre prochain. Ce serait sa cinquième visite au poste qui est le sien depuis décembre dernier.

Isabelle Peltier

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