C’est peu dire que Manuel Valls mouille la chemise pour expliquer et défendre Bougival. Et il fait preuve de détermination, c’est le moins qu’on puisse dire. D’abord il dit bien, à qui veut l’entendre, qu’il acte la mise en œuvre de l’accord, précisant même un calendrier serré qui ne laisse pas place à l’improvisation ni aux retards, tout en se défendant de ce dont le FLNKS l’accuse, à savoir vouloir « passer en force ». Un FLNKS dont le ministre a bien compris les faiblesses et les manques, que lui ont confirmé sans doute la délégation du bureau politique du Front avec laquelle il s’est entretenu. Le communiqué du FLNKS qui s’en est suivi, et qui reprend les exigences annoncées et ré-annoncées, ne fait pas mention en revanche de ce qu’il lui a été précisé par Manuel Valls. C’est chez nos confrères de Caledonia, que le ministre des Outre-mer a eu l’occasion de préciser les choses, avec componction parfois, mais clairement et fermement : l’accord de Kanaky au 24 septembre prochain et acté avant la présidentielle relève de la chimère. De même que le dégel du corps électoral ne signifiera pas la submersion du peuple kanak. Et Manuel Valls de voir à son tour, dans les postures et déclarations du FLNKS, comme un passage en force. Cela étant, et sans désespérer, le ministre rappelle encore et toujours que sa porte demeure ouverte. Le FLNKS la poussera-t-il ? Faudrait-il encore qu’il en revienne à plus de raison.
Nicolas Vignoles




