Après sa visite hier au centre médico-social de Voh, le ministre des Outre-mer se rend aujourd’hui au CMS de Bourail.
En province Nord, le manque de médecins et d’infirmiers est particulièrement prégnant : les urgences du centre hospitalier ne fonctionnent plus, les dispensaires et cabinets sont régulièrement fermés faute de personnels. Un contexte qui pénalise la prise en charge des patients, parfois avec une perte de chance. Et qui a des conséquences directes sur le CMS de Bourail, lequel accueille ce matin le ministre. Le constat est sans appel : 25 % des patients de ce centre médico-social résident en province Nord, souvent dans des situations de santé aggravées, avec des prises en charge lourdes. Cette patientèle s’ajoute aux 5 000 habitants de Bourail et à ceux des communes voisines comme Moindou ou Poya. Le nombre des consultations de ce CMS a bondi de 25 % entre 2023 et 2025, et le personnel médical fait face à une surcharge de travail. Après avoir constaté la dégradation du système calédonien de santé, le ministre se rendra en début d’après-midi à la Banque alimentaire de la Nouvelle-Calédonie (BANC). Il y verra une autre conséquence des émeutes : la difficulté d’une partie de la population à se nourrir. Depuis mai 2024, nombreuses sont les familles à avoir perdu tout ou partie de leurs revenus. Certaines personnes, parmi lesquelles des enfants, ne mangent plus qu’une fois par jour. La BANC a vu les demandes doubler en 2024 et a dû acheter de la nourriture, alors que son activité est normalement centrée sur le gaspillage alimentaire. L’association a dû l’année dernière inverser ses priorités. Le séjour du ministre pourrait se prolonger de quelques jours, pour compléter les premiers travaux du comité de rédaction, entamés hier.
Isabelle Peltier


