Le Front de libération kanak et socialiste (FLNKS) organisait son 45e congrès extraordinaire, samedi, à la tribu de la Conception. Le président, Christian Tein, a lancé ses fléchettes vers sa cible du moment : l’accord sur l’avenir de la Calédonie, trouvé sans lui il y a un mois à Bougival.
Tin, tin, tin… Le grand jour est arrivé : Christian Tein a présenté ses excuses. Pour avoir concouru à mettre, l’an passé, une partie de la Calédonie dans la rue, avec les conséquences désastreuses que l’on connaît ? Si vous pensez que oui, c’est sans doute que vous avez de l’humour. Plus que l’intéressé. En tout cas, samedi, de 10 h 24 à 10 h 40, sous le préau de la maison commune de la tribu de la Conception, à travers la fumée de merguez cuites au barbecue on n’a pas vu le président du FLNKS sourire sur l’écran. On ne l’a pas non plus entendu plaisanter. Et, ce qu’il a dit, n’avait rien d’amusant.
L’heure est grave, les mines l’étaient tout autant.
À distance depuis la Métropole (là-bas, c’était la nuit), où après avoir passé un an en détention provisoire il est placé sous contrôle judiciaire avec l’interdiction de revenir en Calédonie, il a exprimé de sincères regrets, ceux de… ne pas être en mesure de lire son discours d’ouverture. C’est ainsi et cela pourrait l’être à nouveau si l’occasion se présente. Il a assuré son préambule (quatre minutes et demie), puis son discours (lui a duré onze minutes) a été lu par une militante, Magalie Tindal. Christian Tein confie devoir composer avec une vue en baisse depuis son transfèrement, menotté et sans consentement, sur décision judiciaire, en juin 2024. Il impute ce problème de santé à son passage dans la prison de Mulhouse. « Ce n’est pas ça qui va empêcher le combat », tient-il à rassurer.
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Anthony Fillet


