C’est plus précisément à la tribu de la Conception que le Front de libération kanak et socialiste (FLNKS) se donne rendez-vous à partir de 8 h ce samedi. Il est prévu que le 45e congrès extraordinaire s’y déroule toute la journée.
Comme toujours, les médias ne devraient pas être conviés à écouter les débats. Ils sont toutefois invités à venir à 9 h, à la maison commune de la tribu, pour assister au discours d’ouverture, qui devrait être assuré, à distance, par le président du FLNKS, Christian Tein, sorti de détention provisoire et placé sous contrôle judiciaire en Métropole (avec interdiction de revenir sur le Caillou) dans le dossier des commanditaires présumés des émeutes de l’an dernier. Que dira le chef du mouvement indépendantiste radical ? Après l’avoir assuré la semaine dernière lors d’une interview donnée en Corse, puis répété lors d’une conférence de presse organisée à Nouméa et dans laquelle il intervenait déjà par vidéo, il réaffirmera sans doute son opposition au compromis politique trouvé, sans lui, le mois dernier à Bougival. Sauf surprise là encore, son positionnement ferme, celui du parti politique auquel il appartient (l’Union calédonienne), sera suivi, au terme de ce congrès, par les autres composantes du FLNKS.Règlement de comptes
Il n’en demeure pas moins que les débats promettent d’être animés, tous les partis membres du Front n’étant, à l’instant T, pas sur la même ligne. Le RDO (Rassemblement démocratique océanien), par exemple, se dit favorable à l’accord de Bougival par la voix d’Aloisio Sako, qui se trouve être l’un des signataires. Autre parti contestataire : le MNIS (Mouvement des nationalistes, indépendantistes et souverainistes), qui en début de semaine, par un communiqué, a remis en cause la légitimité de l’UC, poids lourd du FLNKS. « Le discours souverainiste de l’UC oscille entre le récit victimaire, les références historiques et la célébration rituelle des martyrs. Mais il reste flou sur le contenu réel de la souveraineté », pointe le MNIS, agacé et interrogatif sur l’application concrète d’une future indépendance. « Qui gouverne ? Selon quelles règles ? Avec quels moyens ? Quelle place pour les non-Kanak ? Quel lien avec la France et la région ? Cette absence de clarté », dénonce le MNIS, « alimente la méfiance, y compris au sein de l’électorat kanak, et renforce les oppositions ».
Plusieurs partis politiques indépendantistes (les autres, dont l’UPM et le Palika, ne font plus partie du FLNKS) s’expliqueront ainsi ce samedi. Il y a du règlement de comptes dans l’air.
Le programme
De 8 h à 9 h, il est prévu l’arrivée des délégations et la levée des couleurs. Le discours d’ouverture, par le président, est attendu de 9 h à 9 h 30. Ensuite, durant une demi-heure, ce sera le moment du bilan pour le bureau politique du FLNKS. Les personnes ayant participé aux négociations à Bougival s’exprimeront de 10 h à 10 h 30. Les groupes de pression et la CCAT parleront de 10 h 30 à midi. L’après-midi, un débat de deux heures et demie est programmé. Puis des décisions et des orientations doivent être prises. Fin estimée à 18 h.
Anthony Fillet




