Révélée il y a quelques jours, cette affaire inquiète durablement les autorités australiennes.
Une femme d’origine chinoise, résidente permanente en Australie, a été arrêtée à Canberra. Elle est accusée de s’être livrée à une activité d’espionnage au profit de la Chine. Selon la police fédérale australienne, cette femme aurait été payée par la Chine pour recueillir des informations sur une association bouddhiste implantée en Australie, Guan Yin Citta. Cette association est interdite en Chine, où elle est considérée comme une secte. Guan Yin Citta est une organisation religieuse fondée en Australie par Lu Junhong. Le fondateur de ce mouvement, aujourd’hui décédé, affirmait pouvoir guérir des maladies et lire les vies passées des gens. Le groupe, qui se base sur des enseignements bouddhistes, est actif dans plusieurs pays et revendique des millions de fidèles, surtout parmi les Chinois vivant à l’étranger. En Chine, l’organisation est qualifiée de « secte », et ses membres sont parfois poursuivis. Des experts expliquent que le gouvernement chinois voit ce type de groupe comme une menace à sa sécurité, car il ne peut pas le contrôler.
Cette affaire montre que la Chine pourrait chercher à surveiller ou influencer les communautés religieuses basées à l’étranger. Les autorités australiennes affirment que la femme qui a été arrêtée utilisait une application cryptée pour transmettre des données. Elle risque jusqu’à quinze ans de prison. C’est la première fois qu’une accusation de ce type vise une organisation religieuse fondée et implantée en Australie. Un responsable de la police a rappelé que « nous ne devons pas penser que cette arrestation empêchera d’autres tentatives de viser nos communautés ».
Monique Martin



