Saisie en décembre 2024 par le syndicat des agences de voyages, l’Autorité de la concurrence de la Nouvelle-Calédonie a rendu le 30 juillet 2025 une décision inédite. Elle y reconnaît que les pratiques commerciales d’Air Calédonie International (ACI) sont de nature à porter atteinte à la concurrence dans les secteurs du transport aérien de passagers et des services d’agences de voyages. En réponse, la compagnie a dû proposer une série d’engagements, rendus obligatoires jusqu’en 2028.
Le quasi-monopole ne donne pas tous les droits. Et Aircalin, qui assure 89 % des vols internationaux au départ de La Tontouta, vient d’en faire l’expérience. Dans une décision rendue publique le 30 juillet, l’Autorité de la concurrence de Nouvelle-Calédonie sanctionne les pratiques commerciales de la compagnie à l’hibiscus à l’égard des agences de voyages, jugées discriminatoires et contraires à un fonctionnement loyal du marché.
Des primes sous condition qui faussent la concurrence
Tout commence en décembre 2024, lorsqu’Aircalin annonce de manière unilatérale la fin de la commission fixe de 5 % versée aux agences sur chaque billet vendu. À la place, un système de primes plafonnées à 3 %, conditionnées à l’atteinte d’objectifs individualisés, entre en vigueur dès le 1er janvier 2025. Problème : ce nouveau modèle crée, selon l’Autorité de la concurrence, une incitation à privilégier la vente de billets Aircalin, au détriment des compagnies concurrentes. En d’autres termes, ce système de « rabais fidélisants » consolide la position dominante d’Aircalin et risque d’évincer les autres transporteurs.
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Légende photo : Épinglée par l’Autorité de la concurrence, la compagnie Aircalin s’est engagée à revenir à son mécanisme antérieur de rémunération des agences de voyage.
Béryl Ziegler



