La province Sud a adopté la semaine dernière la délégation de compétence qui va lui permettre de contrôler la traçabilité de la filière de cerf sauvage. L’objectif : fournir aux Calédoniens une viande de qualité à moindre coût.
L’initiative s’appuie sur un constat tout simple, avec d’un côté en Brousse, une surpopulation de cerfs avec à la clé des conséquences majeures sur la biodiversité, et de l’autre, des habitants du Grand Nouméa avec un accès difficile à la viande. Bref, la province Sud fait le pari de transformer une espèce envahissante en une ressource alimentaire abordable et de qualité.
Le premier volet s’est joué en octobre 2023, avec une délibération portant sur la commercialisation de cerf sauvage, adoptée à l’unanimité par les élus du Congrès. Le texte vise à fixer un cadre provincial pour garantir la traçabilité de la viande, du chasseur au consommateur. « Il a fallu imaginer comment pouvoir mettre sur le marché de façon réglementée une viande qui n’est pas autorisée alors qu’on la trouve partout. Les règles sanitaires étaient jusqu’ici imposées par le Sivap », explique Lionnel Brinon, élu de la province Sud et président de l’Ocef.
Les élus de la province Sud ont ainsi validé jeudi dernier le deuxième volet, à savoir la délégation de compétence prévue par la Loi organique, qui donne à la collectivité la capacité de délivrer aux chasseurs et opérateurs agréés les outils nécessaires à la traçabilité, à l’identification et à l’hygiène de la filière. « Très concrètement », précise Lionnel Brinon, « le gouvernement transfère aux provinces une partie de ses compétences sanitaires ». En province Sud, c’est la DDDT, la Direction du développement durable des territoires, qui va l’exercer.
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Isabelle Peltier




