Alors que le Haut-commissariat vient de prendre les arrêtés de démission d’office visant Philippe Gomès et Philippe Michel, reconnus coupables de détournement de fonds publics, La voix du Caillou publie en exclusivité les extraits les plus accablants du jugement de 90 pages rendu par le tribunal correctionnel de Nouméa.
Un raisonnement juridique solide et des faits étayés pour un jugement implacable. Le 1er juillet dernier, après 47 jours de délibéré, le tribunal correctionnel de Nouméa rendait sa décision dans l’affaire des emplois fictifs de collaborateurs wallisiens et futuniens recrutés au profit de Calédonie ensemble. Philippe Gomès étant déjà dans l’avion pour négocier l’accord de Bougival, seul Philippe Michel s’est avancé à la barre pour entendre la sentence. Tous deux reconnus coupables de détournement de fonds publics, les leaders du parti ont été condamnés à des peines de prison ferme, une amende et une inéligibilité de cinq ans assortie d’une exécution provisoire (lire ci-dessous). Quelles sont les motivations de la juridiction ? Sur quels éléments s’est-elle appuyée pour fonder sa décision ? La voix du Caillou dévoile aujourd’hui les attendus les plus accablants de ce jugement long de 90 pages.
La lecture des 90 pages du jugement, rendu par trois juges indépendants composant la chambre correctionnelle du tribunal de Nouméa, s’avère particulièrement édifiante. Elle offre une plongée dans cette affaire politico-financière, qui a agité la scène politique calédonienne pendant des années. Sur les faits de détournement de fonds publics et de complicité de ce même délit reprochés à Philippe Gomès, « il ressort des investigations réalisées et des débats que Philippe Gomès était au cœur de ce système de recrutement frauduleux des collaborateurs wallisiens et futuniens par son parti politique, et ce depuis l’année 2010 a minima, comme en atteste sa mise en cause dans l’affaire dite des PPIC [programme provincial d’insertion citoyenne, NDLR] », écrivent les magistrats.
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Jean-Alexis Gallien-Lamarche



