Rencontre avec… Virginie Ruffenach

Virginie Ruffenach, vice-présidente du Congrès, était la cheffe de file de la délégation du Rassemblement lors des discussions institutionnelles, à Bougival. Elle revient sur la signature de cet accord « historique ».

LVDC : Une semaine après la signature de l’accord, à Bougival, quel sentiment domine ? Le soulagement ?

Oui, c’est un soulagement. Quand on arrive à Bougival, ce qui nous est posé sur la table c’est un nouveau référendum dans quinze à vingt ans. On fait alors le point, Loyalistes et Rassemblement, et on se dit qu’on ne peut pas offrir cela comme seule perspective aux Calédoniens. Donc, oui, c’est un soulagement parce que c’est un accord qui est dans la pérennité. Là, on leur donne de la visibilité et de l’apaisement. Parce que la société calédonienne, ce dont elle souffre aujourd’hui, c’est son anxiété, c’est son stress, c’est sa misère sociale pour certains. Là, on donne de l’apaisement aux gens, de la perspective car ils vont pouvoir se reprojeter sans que quelque chose ne vienne les brusquer. Mais, surtout, le sentiment qui prédomine, c’est qu’aucun camp n’a trahi ceux qu’il représente. C’est-à-dire que les indépendantistes ont été de très bons négociateurs. Et ils ont défendu leurs convictions et leurs orientations. Et, de notre côté, Rassemblement, Loyaliste, avons été très unis. Nous avons retrouvé pour la première fois depuis longtemps, deux blocs forts face à face. On a pu avoir ce face à face, avec des échanges très respectueux mais très déterminés. Et, on a fait le pas nécessaire pour avoir le chemin commun, car sinon, il n’y avait pas d’accord. C’est pour ça que je considère que c’est un accord historique.

LVDC : Cet accord semblait presque inespéré au début du sommet. Quels ont été les clés ? Certains acteurs politiques ont-ils joué un rôle majeur ?

Je pense qu’il y en a plusieurs qui ont eu des rôles particuliers. Il y a des gens à qui on doit beaucoup dans cette négociation. Mais, il y a une chose qui est sûre, c’est qu’il y a eu, à un moment donné, un grand sens de la responsabilité puissant où nous avons tous convergé vers le fait que nous ne pouvions offrir aux gens, comme seule perspective, un nouveau référendum entre l’indépendance et la France. Et, pour cela, il fallait que nous assumions nos responsabilités pour tracer un chemin. Et c’est ce qui nous a animés pour aller chercher le consensus. Car, il ne faut pas oublier qu’on partait de Deva qui était pour nous la sortie de la Nouvelle-Calédonie de la République française. C’est pour ça que cela a été très compliqué, on a ramé. Mais, chacun veut le bien de la population calédonienne. C’est ce qui nous a permis de passer le cap malgré les nombreux risques encourus par les uns et les autres à aller à l’accord. Que ce soit des risques électoraux ou des risques personnels. Car, on le sait, il y a des gens, heureusement qui ne sont pas majoritaires, qui sont prêts à en découdre et qui ne sont pas prêts à faire la moindre concession. Sauf que la Calédonie, c’est une terre de compromis et la démocratie est importante pour nous.

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Propos recueillis par Claire Gaveau

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