Et en Métropole, qu’en pensent les politiques ?

La classe politique nationale également a largement commenté l’accord trouvé à Bougival. Ainsi, le ministre de l’Intérieur et président des Républicains, Bruno Retailleau souligne, dans un communiqué, la persévérance des délégations Loyalistes et Rassemblement qui « a permis de garantir des principes essentiels, et jusque-là menacés : la Nouvelle-Calédonie restera dans la France. Les trois référendums sont respectés. Le corps électoral sera dégelé. Les institutions retrouveront une gouvernance efficace. Et la perspective d’un nouveau référendum d’autodétermination est enfin écartée ».

Sur X, Manuel Valls, le ministre d’État chargé des Outre-mer, souligne « un engagement majeur, fruit d’un long travail de négociations au cours duquel les partenaires calédoniens ont fait le choix du courage et de la responsabilité ». Ancien ministre des Outre-mer et actuel garde des Sceaux, Gérald Darmanin, voit comme une « grande nouvelle », le fait que loyalistes et indépendantistes aient signé « un accord historique pour la Nouvelle-Calédonie dans la France, avec des compétences élargies, un corps électoral dégelé et une possible reconnaissance internationale. Bravo et respect aux acteurs calédoniens courageux qui ont su, enfin, se parler ». Félicitations que Gérald Darmanin adresse également à Manuel Valls, pour son travail « sous l’autorité et l’implication décisive du Président de la République ».

« L’espoir renaît pour la Nouvelle-Calédonie »

Pour la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, qui avait effectué un déplacement sur le Caillou en novembre dernier, « l’espoir renaît pour la Nouvelle-Calédonie. Deux semaines d’intenses travaux durant lesquels chacun a su se hisser à la hauteur de l’Histoire, renouer le dialogue et aboutir à un accord historique. Profonde émotion et confiance sincère pour l’avenir des Calédoniens et des Calédoniennes ».

Même Jean-Luc Mélenchon a réagi. Réaction pour le moins mesurée puisque selon le chef de file de La France insoumise, les responsables du parti d’extrême gauche, clairement favorable à l’indépendance du territoire, « devront procéder à une étude approfondie du document conclu sur la Nouvelle-Calédonie Kanaky ainsi que des réactions des parties prenantes. Mais il sera essentiel d’analyser les conséquences sur le statut constitutionnel de la France et de ses principes profondément bouleversés par ces dispositions ».

« Nous avons de vives inquiétudes »

Et c’est un peu la même posture pour le Rassemblement national, qui fait planer le doute. La cheffe de file du parti, Marine Le Pen, a publié un communiqué dans lequel elle qualifie l’accord de « profondément ambigu », laissant entendre que son groupe à l’Assemblée pourrait ne pas voter la modification constitutionnelle, sauf à y faire voter « des améliorations ». Pour Marine Le Pen, « si, à brève échéance, cet accord conjure sans doute le risque du pire, il n’en demeure pas moins profondément ambigu, comme l’était en son temps l’accord de Nouméa. Ce faisant, il ne peut que faussement satisfaire les deux principales parties prenantes de la vie publique calédonienne ».

En revanche, à droite, d’autres voix se sont montrées plus critiques. C’est le cas de Nicolas Dupont-Aignan, le président du parti Debout la France, qui dénonce une « gigantesque embrouille pour dissimuler le tragique abandon de la Nouvelle-Calédonie ». « L’accord signé (…) signifie clairement l’indépendance. Derrière les mots ambigus et les compromis foireux, le vote massif à trois reprises par référendum des Calédoniens contre l’indépendance et pour l’appartenance à la France est piétiné. La violence d’une minorité l’a emporté sur le respect du suffrage universel. Garant de l’unité de la République Emmanuel Macron a trahi sa fonction », écrit-il sur X.

Nicolas Vignoles

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