La cour d’appel de Paris a décidé de maintenir Christian Tein en détention provisoire, au moins jusqu’à l’audience au fond de la chambre de l’instruction, prévue le 12 juin prochain. Une décision qui va dans le sens du parquet, qui avait fait appel de l’ordonnance de remise en liberté déposée par les juges d’instruction.
Christian Tein n’est pas libre. Dans une ordonnance rendue mardi, le tribunal judiciaire de Paris avait estimé qu’il n’y avait pas lieu de maintenir en détention le leader indépendantiste. Les juges d’instruction estimant alors qu’à ce stade de la procédure, il n’était pas démontré que le chef de file de la Cellule de coordination des actions de terrain, suspecté d’être l’un des principaux responsables des violentes émeutes du 13 mai dernier, aurait préparé un attroupement armé ou un groupement violent. Ils proposaient alors sa remise en liberté sous contrôle judiciaire, avec notamment l’interdiction de revenir en Nouvelle-Calédonie ou encore de rentrer en contact avec treize autres protagonistes du dossier.
Une décision à laquelle avait immédiatement fait appel le parquet, bloquant toute sortie et obligeant alors la Cour d’appel à statuer rapidement sur ce dossier. L’audience s’est tenue jeudi à Paris. Et la Cour d’appel s’est finalement rangée du côté du parquet. Du moins provisoirement, car cette décision n’est pas définitive. En effet, celle-ci a été prise dans le cadre d’un référé-détention, une procédure d’urgence qui permet de suspendre l’ordonnance de remise en liberté. « Je crois qu’une libération de Christian Tein pendant la phase de négociations peut remettre les équilibres et les dynamiques en cause. Je pense qu’on a besoin de sérénité, on a besoin de calme, on a besoin de gens qui veulent construire, pas de gens qui ont détruit. Pour moi, c’est une bonne décision, mais bien évidemment, il faut laisser la justice faire son travail », a commenté le député non-indépendantiste, Nicolas Metzdorf, interrogé par nos confrères de NC La 1ère.
Une décision identique pour les trois autres militants
C’est maintenant à la chambre de l’instruction de se prononcer sur cette question, lors de l’audience au fond prévue le 12 juin prochain. Suivra-t-elle la décision de la Cour d’appel ? Dans le cas contraire, « Bichou », comme il est surnommé par les indépendantistes, pourrait sortir de la prison de Mulhouse-Lutterbach, dans le département du Haut-Rhin, où il est emprisonné depuis sa mise en examen et son transfert en Métropole (avec six autres leaders indépendantistes), dans les jours suivants.
Selon les informations de l’Agence France Presse, la Cour d’appel de Paris a également pris cette même décision concernant le sort de Dimitri Qenegei, Guillaume Vama et Erwan Waetheane, incarcérés respectivement à Villefranche-sur-Saône (Rhône), à Bourges (Cher) et à Nevers (Nièvre). Leur dossier sera, là encore, étudié par la chambre de l’instruction lors de l’audience au fond le 12 juin.
C.G.



