Embarras dans la police

La police nationale à Nouméa n’avait sans doute pas besoin de cette affaire interne. L’information, divulguée par l’AFP et que La voix du Caillou est en mesure de confirmer, fait grand bruit. L’un de ses hauts responsables vient d’être suspendu.

C’est le patron lui-même, Jean-Marie Cavier, directeur territorial de la police nationale en Nouvelle-Calédonie, qui l’a révélé. Le commissaire Henri Drowa, directeur du service territorial de police judiciaire (STPJ), est suspendu à titre conservatoire pour une durée de quatre mois. Et son cas est soumis à une enquête de l’IGPN (Inspection générale de la police nationale), dont les inspecteurs sont déjà sur place à Nouméa. Il est officiellement reproché à Henri Drowa « des problèmes de comportement managérial », sans que l’on sache vraiment ce que cela recouvre. Précisons qu’à ce jour, aucune enquête pénale ne vise le commissaire.

Cette affaire intervient après que les forces de l’ordre ont été mis à rude épreuve depuis le 13 mai, et dont l’action déterminée, énergique et courageuse souvent, a permis peu à peu de ramener le calme et la sécurité, au moins dans la capitale. Par ailleurs, et sans relation de cause à effet, cette suspension intervient alors que Jean-Marie Cavier quitte son poste, remplacé par la contrôleuse générale Marjorie Ghizoli, jusqu’alors directrice interdépartementale de la police nationale de l’Hérault.

Une affectation contestée

Le commissaire Drowa, seul kanak à avoir réussi le concours de commissaire de police, est en poste à Nouméa depuis sa sortie de l’Ecole nationale supérieure de la police (ENSP) en 2015. Une affectation qui avait défrayé la chronique nationale en son temps, dénoncée dans un communiqué par le Syndicat indépendant des commissaires de police. Le SICPN assurait que cette affectation à Nouméa avait été rendue possible grâce à des soutiens au plus haut niveau de l’Etat. Ce qu’avait réfuté Hélène Martini, alors directrice de l’ENSP. « Arrivé dernier du classement, Henri Drowa avait le choix entre deux postes, dont celui de Nouméa », précisait-elle dans des propos relayés entre autres par Le Figaro (édition du 12 mars 2015).

Par la voix de son président Olivier Boisteaux, le SICPN avait également répondu : « Certes, l’ENSP, suite aux multiples critiques, s’est engagée à ne pas ’’réserver’’ ce poste, ni à favoriser le stagiaire en question pour lui garantir une ’’pole position’’ au classement, mais dans les faits, les autres stagiaires se sont vus ’’incités’’ à ne pas s’intéresser à ce poste proposé ». Par ailleurs, et toujours selon le syndicat, le poste sur lequel le commissaire Drowa avait été affecté, celui d’adjoint au chef du service de Renseignement territorial, n’existait pas à l’époque et aurait été créé pour la circonstance.

Nicolas Vignoles

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