Dans la vie en général, quand on est confronté à un problème, il y a deux façons de voir les choses. Soit on les affronte, soit on les évite. En Nouvelle-Calédonie, il est clair que c’est la tactique de l’évitement, du contournement qui prévaut. Il y a de sérieux problèmes à la tribu de Saint-Louis depuis des décennies, plutôt que de régler lesdits problèmes, on préfère étudier la possibilité d’éventuellement construire une voie de contournement. Les personnels soignants quittent ou ne veulent plus venir sur le territoire, car ils en ont assez d’être agressés. Plutôt que de régler le problème, on préfère faire appel à la réserve sanitaire. Enercal est au bord du dépôt de bilan, parce que la Calédonie lui doit des milliards, plutôt que de payer ce qui est dû, on fait appel à l’État, qui dans sa (trop) grande bonté accorde une aide qu’il faudra bien évidemment rembourser. Bref, en ne voulant pas régler les problèmes, on en crée d’autres, qui à leur tour quand le temps viendra ne seront pas réglés. En fait, on fait l’erreur de ne pas vouloir régler les choses. À force de contourner les problèmes, on finit par tourner en rond et l’on revient irrémédiablement au point de départ. Rien n’est résolu et le cycle du contournement reprend. Certes, il est facile que dire comme beaucoup le font « y a qu’a, faut qu’on », mais comme le disait le grand Saint-Augustin d’Hippone : « l’erreur est humaine, persévérer (dans l’erreur) c’est diabolique ».
Lionel Sabot