Le jeu de mots est sans doute malvenu, il illustre pourtant bien la situation dans laquelle nous sommes, cette politique de la terre brûlée dans l’espoir qu’elle débouche sur l’indépendance. Le constat le plus navrant n’est pas tant que des individus gorgés d’alcool et de mots d’ordre mettent le feu même aux édifices religieux, que l’apathie coupable dans laquelle se traîne le peuple indépendantiste face aux violences et aux exactions. On leur brûle leurs emplois, leurs écoles, leurs églises, leur avenir et celui de leurs enfants sans qu’ils n’y trouvent à redire ? Il n’y aurait donc que ceux qui croient en la Nouvelle-Calédonie dans la France qui s’offusquent, condamnent et déplorent ? Dans ces conditions en effet, en dépit des clameurs outrées de certains, comment poser le vivre ensemble ? Face à la ruine dans laquelle nous plongeons, le silence assourdissant, sinon complice, de ceux qui pensent que Kanaky c’est mieux et l’ont réaffirmé récemment dans les urnes, a quelque chose de surréaliste, mais aussi d’embarrassant et de blessant. Dans ces conditions, l’avenir, pour autant qu’il en existe encore un, ne s’annonce pas reluisant, en priant même qu’il soit commun.
Nicolas Vignoles



