Quand les habitants s’y prennent autrement pour protéger leur quartier

Mercredi, les forces de l’ordre ont démantelé les barrages devant le siège de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), à Magenta. Dans la foulée, elles ont exigé que les voisins vigilants du quartier de Ouémo retirent leurs barricades. Dans ces conditions, les habitants repensent leur organisation.

Depuis plus d’un mois maintenant, l’entrée de la presqu’île de Ouémo est protégée par un imposant barrage filtrant, mis en place par les riverains et destiné à garantir leur sécurité.

Mercredi, après que leur dispositif ait été enlevé par les forces de l’ordre, et en constatant que les militants de la CCAT ont à nouveau obstrué le passage après le départ des policiers et des gendarmes, des habitants de Ouémo ont réinstallé un système de filtrage à l’entrée, mais d’une manière différente cette fois. Ils ont fait preuve d’ingéniosité en déployant un nouveau dispositif, sans entraver la circulation.

Comme bon nombre de collectifs de voisins vigilants de tous les secteurs de Nouméa, les gardes continuent, car la surveillance et la sécurité de tous restent une priorité. Flo, présent depuis le premier soir sur le point de contrôle, nous raconte : « Je n’étais pas là quand ils ont remis tout ça, j’étais parti aider mes parents qui habitent au PK6, mais je trouve ça vraiment fait proprement. Un ralentisseur amovible a même été forgé grâce aux moyens du bord par quelqu’un, pour permettre de ne pas rouler trop vite. C’est vraiment bien. La petite guérite permet de voir ce qu’il se passe derrière. Et tout est installé sur le trottoir, pas sur la route. »

À proximité, dans l’attente d’un transport à la déchetterie, on pouvait apercevoir l’incroyable quantité de matériel et objets, qui servait jusqu’alors à sécuriser l’entrée.

Habituelles provocations

Une ambiance détendue régnait ce jeudi, alors que le soleil se couchait. Les citoyens se partageaient des cafés au moment où l’heure de pointe était à son apogée, quand des automobilistes, n’habitant à priori pas le secteur, ont décidé de proférer une myriade d’insultes et faire des gestes obscènes à l’encontre des personnes situées sous les chapiteaux, provoquant ainsi une vague de stupeur. C’est avec tristesse que Jessica, une habitante bienveillante, dit : « c’est vraiment dommage. La prochaine fois, il faudrait qu’ils descendent et viennent boire un café avec nous au lieu de nous insulter. Nous, on veut partager, discuter, échanger. C’est comme ça qu’on sortira de cette misère dans laquelle on est tous. »


Stop ou encore ?

C’est la question du moment. Lundi, cela fera six semaines que tout a commencé. Tenir un contre-barrage pendant un mois et demi, c’est épuisant pour les habitants. Certains ont envie de lever le camp. D’autres, moins. Il faudra bien, un jour, que tout cela s’arrête. Quand ? Pour ceux qui sont favorables à ces dispositifs de protection, leur discours est clair : pas de retour à la normale tant qu’il n’y aura pas l’assurance que les policiers ou les gendarmes soient en capacité d’intervenir rapidement en cas de problème, comme avant le début de la crise. Autre donnée à prendre en compte : la peur, profondément ancrée désormais dans l’esprit des habitants. Ce contre-barrage, permettant de filtrer l’accès à la seule route menant au quartier de Ouémo, les rassure. Le faire disparaître les effraie.



Margaux Lorenzini avec Anthony Fillet

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