“Les acteurs du monde économique ne peuvent se contenter de simples déclarations politiques”

Un communiqué a été diffusé ce mardi en fin de journée. Il est cosigné par la CAP, la CCI, la CMA, la CPME, le Medef et l’U2P.

Dans la tempête, ils avancent main dans la main. La Chambre d’agriculture et la pêche (CAP), la Chambre du commerce et de l’industrie (CCI), la Chambre des métiers et de l’artisanat (CMA), la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), le Mouvement des entreprises (Medef) et l’Union des entreprises de proximité (U2P) parlent d’une seule voix.

“Les acteurs du monde économique ne sont plus en mesure de se contenter de déclarations politiques”, écrivent-ils. “Si quelques entreprises ont pu rouvrir leurs portes dans des conditions qui restent très dégradées grâce à la mobilisation, au soutien et à la confiance de leurs salariés, d’autres sont toujours confrontées à la nécessité de fermer, faute d’accès à leur outil de travail ou parce que ces dernières sont réellement menacées, nécessitant ainsi une protection permanente, assurée souvent par les propriétaires eux-mêmes et par des salariés solidaires, dont le courage et l’exemplarité méritent d’être salués.”

“La situation est insupportable”

“Bien que la sécurité demeure la priorité, les acteurs du monde économique ne peuvent se contenter de simples déclarations politiques”, est-il répété. “La situation est insupportable et nous souhaitons à tout prix qu’elle ne devienne pas insurmontable et irrémédiable.”

La réalité est ensuite décrite avec honnêteté, et tristesse. “Nous avons, comme beaucoup, appelé au calme, à l’arrêt des violences et des barrages qui paralysent notre île, accentuent les inégalités sociales, détruisent chaque jour plus d’emplois, terrorisent les populations et limitent l’accès à des droits fondamentaux comme se soigner ou se nourrir en toute liberté. Or, à l’instar de milliers de Calédoniens, ce que nous voyons, ce n’est pas un retour au calme, ce que nous voyons, c’est un temps accordé à l’ajustement des stratégies et manœuvres respectives. Cette accalmie est préoccupante.”

“Le monde économique est mobilisé”

Heureusement, il y a de la résilience. La situation “nous préoccupe mais ne ralentit en rien tous les efforts et la mobilisation des acteurs économiques, qui comme beaucoup, œuvrent quotidiennement à l’accompagnement et au soutien des entrepreneurs et salariés qui ont perdu leur outil ou leur emploi, ou encore des entreprises qui sont aujourd’hui en incapacité de reprendre leur activité. Oui, le monde économique est mobilisé et plus que jamais convaincu que rien ni personne ne peut nous imposer un sentiment de résignation.”

Après la pluie viendra-t-il rapidement le beau temps ? “Notre détermination est encore alimentée par l’espoir que l’économie puisse agir en faveur du vivre-ensemble, en faveur du territoire et de toutes ses populations. L’entreprise est et restera la garante de ce vivre-ensemble. Nous en sommes les maîtres d’œuvre. Si l’économie a été largement et méticuleusement prise pour cible au cours de ces dernières semaines, c’est avant tout le vivre-ensemble qui risque d’en être la principale victime. Donnons nous des perspectives durables, faute de quoi, ni la reconstruction, ni la relance, ne pourront être engagées.”  

“Un accord global” ou le précipice

“Toutes les opportunités et tous les efforts de dialogue doivent être envisagés. Les représentants du monde économique rappellent, une fois encore, qu’ils sont prêts, disposés et mobilisés à reconstruire à condition qu’en parallèle naissent les conditions d’un accord global, prélude à un contrat social fort et pérenne”, est-il encore écrit.

Le dernier paragraphe porte un message fort. “Il ne s’agit plus d’appeler à l’apaisement mais de lancer un cri, pour que chacun, dans le respect de ses compétences puisse de nouveau se mettre au travail et assurer un avenir à nos enfants. Cela nécessite du courage politique. Nous mesurons la difficulté, nous sommes parfaitement conscients des enjeux et des risques encourus pour beaucoup. L’histoire n’a jamais cessé de nous le rappeler. Ainsi, nous ne pouvons que réitérer notre volonté de contribuer à la reprise du dialogue, à l’avancée des discussions, aussi bien aux côtés de l’Etat que des élus locaux, tout en portant la voix de la société civile, que nous représentons et ne cesserons jamais de défendre.” 

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